Quatre mois avec sursis requis contre un syndicaliste de la SNCF qui a frappé un cadre

MARSEILLE, 10 novembre 2015 (AFP) – Une peine de quatre mois de prison avec sursis a été requise mardi devant le tribunal correctionnel de Marseille, contre un cheminot délégué syndical dans un atelier SNCF, pour avoir frappé un cadre lors d’une négociation.

Évoquant « un égarement », « un coup de sang » ou encore un « pétage de câble », le syndicaliste, secrétaire général du CHSCT de l’unité opérationnelle de maintenance Technicentre Paca, s’est à nouveau excusé auprès de son supérieur.

Le 4 mai, il lui avait porté des coups de poing et de pied avant de filer chez le directeur d’établissement pour avouer qu’il venait « de faire une connerie ».

Le prévenu a expliqué au tribunal avoir réagi aux propos du cadre qu’il interrogeait sur l’intervention de nombreux intérimaires au sein de ces ateliers où sont réparés les TER. « Il m’a dit : +Si vous aviez bien fait votre travail, vous ne l’auriez pas perdu+. C’est là que j’ai pété les plombs, la chaleur est montée en moi ».

Qualifiant ses réquisitions de « modérées afin de permettre une sortie de crise », la procureure Véronique Fabron a estimé que « si on peut comprendre l’action syndicale, la défense des intérêts des salariés, les revendications doivent passer par le pouvoir de conviction, on ne peut pas comprendre qu’elles passent par la violence ».

L’avocate du cadre SNCF molesté, Me Vanina Cianfarani, a souligné le contexte syndical tendu à la Blancarde, fief de la CGT, où « la pression syndicale est toute particulière ».

Cité comme témoin, un consultant travaillant sur les risques psycho-sociaux en entreprise, avait réalisé, en mars 2014, un rapport sur les conditions de travail sur ce site où travaillent 300 cheminots. « Le Technicentre de la Blancarde était une cocote-minute, il devait y avoir une soupape qui lâche. Cela a pris cette forme », a-t-il dit au tribunal.

Consultée sur la procédure de radiation de l’agent, l’inspection du travail a émis un avis défavorable.

Son défenseur Me Philippe Vouland a souligné que trois jours après les faits, Gilles Manforti avait adressé une lettre d’excuse à la victime. « C’est un agent SNCF qui a beaucoup travaillé et qui fait honneur à la SNCF » a souligné Me Vouland, suggérant une requalification des faits en contravention de 5e classe, passible d’une simple amende.

En marge de l’audience, quelque 120 cheminots ont manifesté leur soutien au délégué syndical, devant le palais de justice. Un appel à un arrêt de travail de 24 heures avait été déposé dans la région Paca.

Jugement le 8 décembre.

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