Rail: démarrage difficile des négociations sur l’organisation du travail

PARIS, 12 avril 2016 (AFP) – Syndicats et entreprises du rail ont commencé mardi à négocier sur des règles d’organisation du travail communes à la branche, une séance qualifiée de « stérile » par les syndicats qui ont refusé de travailler à partir du « canevas » proposé par le patronat.

« Nous avons refusé de discuter des virgules du projet patronal, de ce canevas qui n’est qu’un copier-coller du décret socle du gouvernement », a expliqué à l’AFP Jocelyn Portalier (CGT) à l’issue de la séance, qui devait se poursuivre mercredi.

Après un début « très tendu » selon lui, les syndicats ont obtenu de discuter sur la base de leurs revendications. Toutefois, « il n’y a eu aucune avancée », a-t-il dit.

Les organisations syndicales « n’ont pas voulu discuter sur la base de notre texte » et « afin de ne pas suspendre nos travaux nous avons accepté de discuter sur les sujets qu’ils voulaient traiter », a confirmé un représentant de l’UTP (qui regroupe la SNCF et les entreprises privées).

« N’ayant pu connaître les propositions des syndicats avant la réunion, il n’était pas possible en séance de répondre à ces demandes » mais « des évolutions, s’il y a lieu, interviendront lors des prochaines réunions » prévues jusqu’à début juin, a ajouté le représentant patronal.

Il a cependant qualifié de « maximalistes » les demandes des syndicats visant à élever le futur accord de branche « à un niveau beaucoup plus favorable à celui en vigueur à la SNCF ». Il a cité en exemple les amplitudes de temps de travail ou encore un passage aux 32 heures pour tous les salariés, revendiqué par la CGT, SUD et FO.

Cette première journée a été un « round d’observation stérile », « on a posé nos revendications tous azimuts, l’UTP n’a rien lâché, il n’y a pas eu de négociation », a résumé Roger Dillenseger (Unsa).

Même déception du côté de la CFDT: « L’UTP s’est contentée d’enregistrer nos revendications en renvoyant nombre d’entre elles vers les accords d’entreprise », a regretté Didier Aubert.

L’Unsa et la CFDT doivent se positionner mercredi sur une éventuelle grève commune le 26 avril avec la CGT et SUD.

Les discussions sont censées aboutir d’ici fin juin à une convention collective commune pour les salariés du secteur (fret/voyageurs, SNCF/privé) afin que l’ouverture totale à la concurrence se déroule dans de bonnes conditions (de sécurité et sans dumping social).

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