Rapport Delevoye sur les retraites: les partenaires sociaux mitigés

PARIS, 18 juillet 2019 (AFP) – Les préconisations du haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, ont reçu jeudi un accueil mitigé des partenaires sociaux consultés sur le « système universel » promis par Emmanuel Macron et qui espèrent désormais peser sur la rédaction du projet de loi qui en découlera.

De nouvelles concertations doivent s’ouvrir « dès la semaine prochaine » sur la base du rapport qu’a remis le haut-commissaire au Premier ministre Edouard Philippe en fin de matinée, a indiqué Laurent Escure, le secrétaire général de l’Unsa, à la sortie d’une réunion de présentation de ces préconisations aux partenaires sociaux.

D’ores et déjà, « le Medef soutiendra les grands principes de cette réforme » a indiqué son patron, Geoffroy Roux de Bézieux, « saluant » son « ampleur ». Mais il sera « vigilant » sur la question de la gouvernance du nouveau régime et le sort des « réserves » financières accumulés par les « régimes fourmis ».

Le rapport de M. Delevoye « prouve que la mise en place d’un système universel est possible », s’est félicité de son côté le leader de la CFDT, Laurent Berger, « qui pousse ce type de réforme depuis maintenant de nombreuses années ».

Notant « positivement un certain nombre d’avancées » pour un « système plus redistributif qui privilégiera d’abord ceux qui ont une carrière hachée, l’extension des droits familiaux dès le premier enfant », il a toutefois jugé « totalement stupide de fixer un âge de liquidation de la retraite complète à 64 ans ».

« Il faut laisser davantage de libre choix, pour s’adapter à la réalité de carrière chacun », a-t-il estimé, alors que M. Delevoye préconise de fixer en 2025 un âge d’équilibre à 64 ans pour une retraite à taux plein, assorti d’un système de décote/surcote.

Vent debout contre la réforme, le numéro de la CGT Philippe Martinez a dénoncé « beaucoup d’enfumage ». Dire que l’âge légal reste à 62 ans, « c’est prendre les gens pour des imbéciles », a-t-il lancé. « Nous avons joué le jeu, nous avons fait des propositions concrètes, et aucune n’a été retenue », a-t-il déploré, dénonçant, à l’inverse de la CFDT, une réforme qui pénalisera davantage les « carrières hachées ».

« La parole de Delevoye, c’est peut-être la moins pire » a-t-il prévenu, dans l’attente du projet de loi prévu pour la fin de l’année.

Comme lui, son homologue de FO Yves Veyrier entend déjà mobiliser à la rentrée contre une réforme qui « n’incitera pas » mais « imposera » de « travailler plus longtemps.

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