Rapport nucléaire: EDF défend le recours à la sous-traitance

PARIS, 5 juillet 2018 (AFP) – EDF a réagi jeudi au rapport parlementaire sur le nucléaire en justifiant son recours massif à la sous-traitance pour l’entretien des équipements, y voyant le gage d’une « maintenance de qualité ».

Le rapport de la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité nucléaire publié jeudi avait notamment regretté un « recours massif » à la sous-traitance dans le secteur.

Selon EDF, le taux de recours à la sous-traitance (80%) pour la maintenance n’a pas augmenté récemment.

« C’est un ratio qui n’a pas changé depuis maintenant plus de 15 ans », a assuré Dominique Minière, directeur de la production nucléaire et thermique de l’électricien lors d’une conférence téléphonique.

« Qui sont les sous-traitants? Ce n’est pas un plombier polonais, ce sont des gens d’Areva, de Framatome maintenant, qui interviennent sur leurs propres composants », a-t-il cité en exemple.

Selon lui, la maintenance des équipements est ainsi fréquemment sous-traitée à leurs entreprises fabricantes (Framatome, Alstom/GE, Rolls-Royce, DCNS…), gage d’une « maintenance de qualité ».

Par ailleurs, Dominique Minière a évoqué la création d’un « cahier des charges social qui permet d’encadrer la manière dont les activités se font sur les centrales nucléaires ».

« On a décidé d’accroître notre surveillance en usine » chez les fournisseurs de pièces utilisées pour les centrales, a-t-il aussi rappelé.

Le secrétaire général de Force ouvrière Pascal Pavageau avait qualifié jeudi « de connerie monumentale » la sous-traitance dans le secteur nucléaire, en soulignant le « risque gigantesque » en matière de sécurité.

Les députés ont formulé pour leur part plusieurs recommandations, notamment de « favoriser la réintégration des compétences au sein des entreprises exploitantes ».

Au sujet du rapport, Dominique Minière a estimé qu’il comportait « un certain nombre d’erreurs factuelles » et indiqué qu’EDF apporterait ses précisions d’ici à la fin du mois de juillet.

« Près des deux tiers des verbatims qui servent à appuyer le rapport sont extraits d’auditions d’organisations ou de personnalités clairement anti-nucléaires, qui ne sont pas, d’ailleurs, souvent des experts », a-t-il aussi jugé.

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