Rapport sur les arrêts maladie: les syndicats en ordre dispersé

PARIS, 22 février 2019 (AFP) – « Régressions sociales », rapport « équilibré », propositions « mitigées » ou allant « dans le bon sens »: syndicats de salariés et de médecins ne portent pas le même diagnostic sur les préconisations du rapport sur les arrêts maladie, remis mercredi au Premier ministre.

Fruit de la mission confiée en septembre par Edouard Philippe à trois experts face à la hausse du coût des arrêts maladie (7,4 milliards d’euros en 2017, +15% sur la période 2010-2017), ce rapport préconise de renforcer la prévention, simplifier le système d’indemnisation, offrir des alternatives aux arrêts de travail ou suggère, sous contreparties, un jour de carence obligatoire.

Ce sont « encore les travailleurs qui trinquent », fustige dans un communiqué la CGT, pour qui jour de carence et individualisation des indemnités sont des « sanctions ».

« Qui peut ignorer que la réalité de l’entreprise et ses modes d’organisations ne génèrent que pénibilité et souffrance au travail »?, écrit la CGT, en parlant de « régressions sociales inacceptables ».

Si Force ouvrière voit un « aspect punitif » dans la piste d’un jour de carence obligatoire, la centrale évoque pour autant des « propositions mitigées », avec des mesures allant « dans le bon sens », comme l’extension à l’ensemble des salariés du complément légal versé les deux premiers mois par l’employeur.

Mais le rapport « ne prend pas suffisamment en compte le rôle et l’impact de l’organisation du travail », regrette FO.

Un rapport « équilibré », qui « sort d’une approche purement budgétaire » et « pointe l’enjeu fondamental de la prévention en entreprise » pour éviter les arrêts longs, juge de son côté la CFDT.

Elle prévient toutefois qu’elle sera « vigilante » quant à la « priorité » à la santé et au besoin d’études « approfondies » sur les alternatives aux arrêts, la forfaitisation de l’indemnisation ou le jour de carence.

Si l’Unsa se réjouit de l’extension du complément employeur, le syndicat autonome « ne peut accepter » que ce soit « corrélé » à un jour de carence obligatoire.

Un jour « en réalité très inégalitaire », souligne MG France. Le premier syndicat de généralistes rejoint la CSMF pour se féliciter que l’augmentation des arrêts n’ait pas été « comme à l’habitude » mise sur le dos des médecins prescripteurs.

Qualifiant d' »enjeu majeur » pour prévenir les arrêts longs et la désinsertion professionnelle le renforcement de la coordination entre médecin prescripteur, médecin conseil et médecin du travail, la CSMF réclame que « ce temps de coordination » soit « valorisé comme un véritable temps de travail médical ».

La dématérialisation des arrêts et leur télétransmission doit aussi « être justement rémunérée », demande le SML.

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