Rassemblement CFE-CGC pour réclamer une modification de la loi travail à l’Assemblée

PARIS, 3 mai 2016 (AFP) – Plusieurs dizaines de syndicalistes de la CFE-CGC étaient rassemblés mardi matin esplanade des Invalides à Paris pour réclamer la modification de la loi travail lors de son examen au Parlement, qui débute mardi.

« Tout le monde est mobilisé pour modifier la loi », a déclaré à l’AFP la présidente de la CFE-CGC, Carole Couvert, entourée de militants portant des dossards blancs du syndicat des cadres et disant attendre « un petit millier de militants » à ce rassemblement.

« Nous ne sommes pas pour le retrait de la loi. Nous voulons qu’elle soit améliorée. Ce n’est pas notre culture de manifester, mais quand c’est trop, c’est trop », a expliqué de son côté Laurent Caruana, président du syndicat pour la région Rhône-Alpes Auvergne.

La CFE-CGC réclame la modification du texte sur plusieurs aspects mais « s’il fallait retenir un point, c’est le licenciement économique », a résumé Mme Couvert. « Nous souhaitons que soit inscrit le périmètre du groupe » pour évaluer les difficultés économiques d’une entreprise, alors que ce périmètre est restreint dans le texte aux seules filiales françaises.

« Si on facilite le licenciement économique, les grands groupes vont s’engouffrer » dans la brèche. « S’il faut changer quelque chose dans cette loi, c’est ça », a-t-elle insisté.

Mais la CFE-CGC s’oppose aussi à l’article sur les accords « offensifs » censés permettre aux entreprises d’ajuster leur organisation pour préserver ou développer l’emploi, et qui prévoit que l’accord majoritaire signé primera sur le contrat de travail.

Et elle « demande le retrait » du référendum d’entreprise, autre point contesté du texte, qui prévoit que, faute de majorité, les syndicats minoritaires (représentant plus de 30%) pourront demander un référendum pour valider un accord d’entreprise.

« Avec la mise en place du référendum, quelle va être notre légitimité » en tant que syndicat, s’interroge M. Caruana.

Les débats parlementaires seront ouverts mardi après-midi par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, et devraient durer deux semaines, avec un recours possible au 49.3 pour imposer son adoption.

Les syndicats contestataires (CGT, FO, FSU et Solidaires), accompagnés de représentants des étudiants et lycéens, qui réclament le retrait pur et simple du texte, ont également appelé à un rassemblement esplanade des Invalides à la mi-journée.

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