Rassemblement contre un plan social « incompréhensible » chez Teva France

PARIS, 5 juin 2018 (AFP) – « Bénéfices en hausse, effectifs en baisse » : deux cents employés du groupe Teva Santé, selon les syndicats, ont protesté mardi à La Défense, près de Paris, contre la suppression annoncée de quelque 250 postes en France, un plan social jugé « incompréhensible ».

« Chez Teva tout va sauf l’emploi », « Pour Teva la valeur c’est l’argent… pas les gens!!! », « Actionnaires comblés, salariés sacrifiés », pouvait-on lire sur des pancartes ou banderoles brandis devant le siège français de Teva Santé, leader mondial des médicaments génériques, dans le quartier d’affaires de La Défense.

Le groupe israélien Teva, surendetté, va supprimer 25% de ses effectifs mondiaux, soit 14.000 emplois. La déclinaison du plan en France se traduit par la suppression d’environ 250 postes, soit près de 45% des effectifs.

Les syndicats de Teva France (CFE-CGC, CFDT, Unsa et CFTC), qualifiant d' »incompréhensibles » l’ampleur et la justification du plan social, accusent la direction de proposer des « indemnités inacceptables ».

Elles sont « trois fois moins importantes » que lors du précédent plan social de 2015, affirme à l’AFP Jocelyn Spata, délégué central de la CFE-CGC (1er syndicat), réclamant « des mesures d’accompagnement à la hauteur de la richesse » de Teva.

Les personnels administratifs et les visiteurs médicaux touchés par le plan, « en détresse », paient les « mauvais choix » des dirigeants, a-t-il dit en citant le rachat d’Actavis et les lourdes amendes payées pour corruption.

C’est d’autant plus « inacceptable » que Teva France a fait « la meilleure année » de son histoire en 2017 et que les profits du groupe, au niveau mondial, « ont été multipliés par deux sur le premier semestre 2018 », selon lui.

La grève est une première chez Teva France, qui comptera « environ 300 personnes » après la réorganisation, contre « 1.200 » en 2012, d’après M. Spata.

Laurent Bouillot, délégué central CFDT (2e syndicat), dénonce également une négociation partie de « très, très bas » et actuellement « au point mort », alors qu’elle doit être bouclée fin juillet.

Des départs volontaires et des reclassements seront d’abord prévus, « mais il y aura forcément aussi des licenciements contraints » ensuite, dit-il à l’AFP. « Les gens peuvent comprendre d’être licenciés si l’entreprise se porte mal, mais le +problème+ c’est qu’elle se porte très bien », appuie-t-il.

Il a dénoncé par ailleurs la façon dont le plan social a été annoncé aux visiteurs médicaux, au téléphone alors que « la plupart » étaient en déplacement.

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