Rassemblement pour les femmes de chambre à Paris, près de Matignon

PARIS, 3 juillet 2019 (AFP) – Une trentaine de manifestants se sont rassemblés mercredi non loin de Matignon et du secrétariat d’Etat de Marlène Schiappa pour défendre les femmes de chambre et de ménage, et réclamer la fin de la sous-traitance de leur activité, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Ce rassemblement était organisé à l’appel du syndicat CGT des Hôtels de prestige et économiques (CGT-HPE), peu avant une réunion entre la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes et des représentants de fédérations et agences ayant recours à ces personnels.

Parmi les manifestants se trouvait Claude Lévy, fondateur du CGT-HPE, en pointe dans la lutte pour les conditions d’emploi des femmes de chambre ces dernières années. Mais aussi les députés LFI Eric Coquerel et François Ruffin, venus défendre les « 168 » femmes de ménage de l’Assemblée nationale, employées par quatre sociétés de sous-traitance dont Europnet.

Ils ont pris tour à tour la parole pour rappeler les conditions de travail que « subissent » la très grande majorité des femmes employées dans le secteur du nettoyage dans les palaces et hôtels de luxe: « horaires décalés », « cadences infernales », « multiprécarité salariale et sociale », « temps partiels qui les rendent invisibles », « sous-traitance qui permet aux entreprises d’adapter les besoins en femmes de ménage aux taux d’occupation avec des méthodes de voyous ».

« C’est choquant que le coeur de métier de l’hôtellerie, qui est l’hébergement, le nettoyage des chambres, soit sous-traité. Dans l’hôtellerie, les femmes se font exploiter de manière honteuse, on les paye à la chambre et non à l’heure, avec des conditions de travail très, très pénibles », a souligné M. Lévy, qui a réclamé leur « intégration » au personnel fixe des hôtels.

Il a qualifié de « très mauvais signe », le fait que son syndicat ne soit pas invité à la rencontre avec Mme Schiappa, accusant l’une des principales sociétés de nettoyage reçues par la ministre d’être « pourvoyeur pour moitié au moins des conflits » suivis par le syndicat CGT-HPE.

A l’issue de sa rencontre avec des entreprises sous-traitantes et agences de propreté ainsi que les fédérations qui les représentent, Mme Schiappa a rappelé qu’elle avait confié une mission au conseil supérieur de l’égalité professionnelle (CSEP), qui sera « lancée en septembre » afin de « formuler des propositions concrètes pour améliorer les conditions de travail des femmes de chambre et des agents de propreté ».

Un « plan d’action sera présenté à l’automne », a-t-elle ajouté.

« Mon souhait c’est qu’au final ça ne soit plus anormal de croiser les personnes qui font le ménage sur un lieu de travail, qu’il s’agisse d’un hôtel, une administration ou une entreprise », a-t-elle dit.

Le secteur de l’hôtellerie a été marqué ces derniers mois par plusieurs conflits sociaux, certains encore en cours. Récemment, des salariés des hôtels 5 étoiles Balzac et de Vigny, à Paris, ont réclamé à la holding saoudienne propriétaire 2,5 millions d’euros de cotisations sociales selon eux impayées.

ls-arb/cg/cbn