RATP: rassemblement pour soutenir deux syndicalistes menacés de sanctions

PARIS, 10 juin 2020 (AFP) – Quelque 200 personnes ont manifesté mercredi à Paris leur soutien envers deux syndicalistes de la CGT-RATP menacés de sanctions, dont l’un était convoqué dans l’après-midi en conseil de discipline, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Stop à la répression… Syndicalistes pas voyous », protestait la CGT-RATP sur une grande banderole déployée face au bâtiment où était attendu Ahmed Berrahal, secrétaire d’une des commissions santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) de la régie.

La RATP lui reproche le « blocage d’un centre bus (dépôt de bus, ndlr) pendant le mouvement social » contre la réforme des retraites, en décembre et janvier, ainsi que « des menaces et injures vis-à-vis du personnel travaillant », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la régie.

Dans son avis rendu mercredi, le conseil de discipline a opté pour une sanction de « deux mois de mise à pied », a annoncé à l’AFP M. Berrahal, après son audition, « super heureux » de ne plus risquer d’être licencié. « Ça va se régler aux prud’hommes et je gagnerai une troisième fois contre la direction », a-t-il prédit.

« La direction dit que j’étais l’organisateur des blocages mais je ne pouvais pas interdire aux gens de venir » sur l’avenue devant le centre bus de Flandres, à Pantin (Seine-Saint-Denis), s’est-il défendu.

« C’était une grève historique. Des enseignants, étudiants, infirmières, élus politiques venaient nous soutenir » au piquet de grève, a-t-il ajouté, en estimant que la RATP l’avait « ciblé personnellement pour (le) faire taire ». « Je fais des contrôles », comme dans un dépôt de bus dont certains « n’étaient pas en état de rouler », ou « au début du confinement quand les bus devaient être désinfectés », a-t-il détaillé.

Un autre élu CGT de la régie, Alexandre El Gamal, est lui accusé d’avoir « organisé et participé au blocage » du dépôt de bus de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) à la même période, a-t-il dit à l’AFP. Pour son conseil de discipline, il n’a « pas de date » fixée.

Outre des militants CGT-RATP, parmi les manifestants se trouvaient des militants de Solidaires-RATP, de la CGT d’EDF ou du commerce, des cheminots de SUD-Rail, des étudiants de l’Unef, des soignants ou des personnalités politiques.

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