Recapitalisation d’Areva: une bonne nouvelle pour les syndicats

PARIS, 28 janvier 2016 (AFP) – La recapitalisation d’Areva à hauteur de cinq milliards d’euros est une « bonne nouvelle » pour les syndicats CFDT, CFE-CGC et FO du groupe nucléaire en difficulté, qui attendent encore des précisions sur le tour de table et font observer que les salariés le « paient cher » avec des milliers de suppressions de postes.

« Cinq milliards, c’est le bon chiffre. C’est une bonne surprise, on craignait que ce soit inférieur », a déclaré à l’AFP Jean-Pierre Bara, coordinateur CFDT. « Parce qu’une recapitalisation ratée, on en a déjà connu une en 2009 (…) et cinq ans après, on s’est retrouvé » dans la situation que connaît Areva aujourd’hui, a-t-il ajouté.

Donc, « c’est une bonne nouvelle qu’elle se fasse, et qu’elle se fasse vite », a poursuivi M. Bara.

La CFE-CGC et FO ont aussi accueilli favorablement cette annonce. « On est plutôt satisfait de voir que l’État remplit ses obligations. Cela va nous permettre de repartir d’un bon pied », a commenté Guy Bruno, président Inter-centre CFE-CGC d’Areva.

Pour José Montes, coordinateur FO, « ça va dans le bon sens » mais « le diable est dans les détails », souligne-t-il. Un chiffre est « acté mais on ne sait pas quels sont les acteurs, ni à quel niveau » ils vont participer au tour de table.

La part qui sera souscrite par l’État n’est pas encore connue. « Une très grande part », a-t-on dit à Bercy tout en précisant que « l’augmentation de capital sera aussi proposée à des investisseurs minoritaires », comme le fonds souverain du Koweït (KIA), déjà actionnaire à un peu moins de 5%, ou le chinois CNNC.

« On reste sous la pression d’une entrée forte au capital d’acteurs chinois », a observé M. Montes, qui craint le transfert d’activités opérationnelles et donc encore « des pertes d’emplois ».

Ce « bon signal » de l’État ne « fait pas oublier qu’on le paie cher socialement » avec la suppression de 6.000 postes dans le monde, dont 3.000 à 4.000 en France, a aussi souligné la CFDT, en rappelant que ce sont des « erreurs de stratégie » qui ont mené Areva à cette situation et « pas des problèmes industriels ».

« Ce qui nous manque, c’est une visibilité plus lointaine sur la filière nucléaire », a ajouté la CFE-CGC, en citant le grand carénage (maintenance lourde des centrales nucléaires françaises) et le renouvellement du parc français. Et « ces choix relèvent de l’État », a observé Guy Bruno.

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