Recyclage: 10% des emplois menacés dans la filière, à la peine selon la Federec

PARIS, 5 avril 2016 (AFP) – La filière du recyclage pourrait perdre jusqu’à 10% de ses emplois en France faute de redressement rapide pour le secteur, affecté par la baisse des prix des matières premières, a averti mardi la Fédération des entreprises du recyclage (Federec).

« Sur 26.500 emplois aujourd’hui, on estime à peu près à 2.000, 2.500 emplois le risque de pertes d’emplois » en raison d’une réduction des capacités ou d’un mouvement de concentration dans le secteur, a indiqué le président de Federec, Jean-Philippe Carpentier, lors d’une rencontre avec la presse.

« Si on reste dans la stagnation actuelle, on sait qu’effectivement, dans les deux, trois ans, il va se passer (quelque chose) de cet ordre-là », a-t-il ajouté, soulignant que tous les domaines du secteur étaient concernés (ferrailles, plastiques, textiles).

L’activité de recyclage souffre depuis 2014 de la chute des cours mondiaux des matières premières, qui rend plus difficile de convaincre des industriels d’acheter des matières recyclées, plus chères.

Le problème est criant en particulier pour la filière des ferrailles, frappée de plein fouet par les surcapacités chroniques dans la sidérurgie européenne, confrontée aux exportations massives d’acier chinois.

En 2014, le chiffre d’affaires de l’activité de recyclage s’est repliée de 2% à 9,1 milliards d’euros, tandis que les volumes collectés (78 millions de tonnes) ont légèrement augmenté, témoignant d’une perte de valeur pour le secteur, selon Federec, qui ne dispose pas encore de données chiffrées pour 2015.

Aujourd’hui, la situation est toutefois « moins pire qu’avant », a poursuivi Jean-Philippe Carpentier, grâce à une stabilisation des cours, qui succède à une forte volatilité ayant fortement pesé sur la trésorerie des entreprises du secteur.

« Quand on est en rapide décroissance de prix, ce qui était le cas sur le pétrole (…), on a du mal à nous adapter. Alors que lorsqu’on est sur un pétrole bas durablement ou un minerai de fer bas durablement, on adapte nos prix petit à petit. On revient à des marges beaucoup plus faibles, mais on revient sur des marges positives », a-t-il expliqué.

Comme possible débouché générateur d’activité nouvelle, le président de Federec a évoqué le recyclage des granulats issus du BTP.

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