Réduction des aides à l’emploi: Pavageau dénonce une politique « inégalitaire »

PARIS, 21 mai 2018 (AFP) – Pascal Pavageau, numéro un de Force ouvrière, a qualifié lundi sur RTL de « politique inégalitaire », la réflexion du gouvernement autour d’une réduction des aides sociales à l’emploi dans l’hypothèse de créations suffisantes d’emplois dans le privé.

« Il y a 110 milliards d’euros chaque année d’aides publiques pour les entreprises », a-t-il déclaré, invitant plutôt le gouvernement à faire une « évaluation » de ces versements, en matière d’emploi notamment.

Un peu plus tard sur France info, il a a évoqué « la double peine » pour les personnes en recherche d’emploi, « très majoritairement » des ouvriers et des employés, « parfois très peu qualifiés ».

« Ils seraient doublement pénalisés » car « pas assez qualifiés » pour les emplois actuellement créés, principalement dans le numérique. « Et en plus on leur explique qu’ils n’ont plus le droit aux aides. C’est la double peine », a insisté le leader.

Dans la matinée, il a déclaré sur RTL que « ce n’est pas parce que vous avez de la création d’emplois (…) que pour celles et ceux qui n’ont pas la chance d’en trouver il faudrait leur baisser leurs droits ».

« Encore une fois, c’est une politique inégalitaire, avec une logique du chacun pour soi », a encore dit dans la matinée le leader syndical, y voyant aussi une politique « pour les 10, 5% de premiers de cordée », qui « ont coupé la corde depuis bien longtemps ».

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a déclaré dimanche que le gouvernement envisageait de réduire les aides sociales à l’emploi dans l’objectif de baisser les déficits publics, s’il y a suffisament de créations d’emplois dans le privé. Il n’a pas précisé les aides sociales visées.

Pascal Pavageau s’est également dit opposé à une deuxième journée de solidarité, évoquée récemment par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et le président Emmanuel Macron comme piste parmi d’autres pour financer la prise en charge de la dépendance.

La « journée de solidarité » envers les personnes âgées, travaillée mais non payée aux salariés, décidée après la canicule meurtrière de 2003 est devenue « du grand n’importe quoi », a estimé M. Pavageau, évoquant « pas loin de 10 modèles différents pour la traduire dans les faits ».

Il a appelé le gouvernement à organiser « un vrai débat national sur le sujet ».

« Il y a un problème de dépendance », qui « mériterait une politique publique financée de manière spécifique en lien avec la sécurité sociale », a-t-il souligné.

Pour lui, une éventuelle deuxième journée serait une « façon détournée » et « cosmétique » de répondre « à un vrai problème général et collectif ».

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