Réforme assurance chômage: « une punition » dénonce Berger (CFDT)

PARIS, 28 octobre 2019 (AFP) – « C’est une punition »: à quelques jours de l’entrée en vigueur des premières mesures de la réforme d’assurance chômage, le numéro un de la CDFT Laurent Berger a réitéré sa vive opposition au nouveau système.

Au 1er novembre entre en vigueur en particulier le durcissement des conditions d’accès: il faudra désormais avoir travaillé six mois sur les 28 derniers mois, au lieu de 4 sur 24 auparavant. D’autres règles, liées au calcul de l’indemnisation journalière, entreront en vigueur le 1er avril.

« Ces règles, c’est une punition (…) on rentre dans une trappe à pauvreté pour ces demandeurs d’emploi », a dit d’entrée M. Berger au cours d’un débat avec le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux à l’antenne d’Europe 1.

Ce dernier a dit soutenir la réforme du gouvernement, car « le système » permettait selon lui jusqu’alors « des stratégies d’optimisation » de la part de certains demandeurs d’emploi. Le patron du Medef a demandé « un bilan au bout de deux ans » de cette réforme.

« Je ne sais pas comment cette réforme va avoir (un) impact sur les modifications des comportements des employeurs d’un côté et des demandeurs d’emploi de l’autre », a expliqué par ailleurs M. Roux de Bézieux.

Le gouvernement espère en effet également modifier le comportements des entreprises via le « bonus malus », c’est-à-dire une modulation des cotisations patronales en fonction des fins de contrats. Destiné à dissuader les entreprises de trop recourir aux contrats courts, il n’entrera en vigueur qu’en 2021 et s’appliquera à sept secteurs.

Sur la question des retraites, Laurent Berger (CFDT) a redit son opposition à « des mesures d’allongement de la durée du travail, car c’est déjà prévu par la réforme de 2013 ». Il a également reposé la question de l’emploi des séniors car « une personne sur deux qui part en retraite n’est pas en emploi ».

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