Réforme de la SNCF: la concertation « peut faire bouger les variables », selon Pepy

PARIS, 8 mars 2018 (AFP) – Le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, a estimé jeudi que les deux mois de la concertation organisée par le gouvernement sur la réforme du groupe ferroviaire public « peuvent faire bouger les variables » avant le bouclage du projet d’ici l’été.

Il y a « beaucoup de grain à moudre » dans cette concertation, ouverte le 1er mars par la ministre des Transports Elisabeth Borne, a assuré M. Pepy lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes économiques et financiers (AJEF).

Citant en exemple « le transfert du personnel quand la SNCF perd(ra) une ligne » après l’ouverture du rail à la concurrence, il a souligné que cette « question est entièrement ouverte » car « tout est à négocier ». La semaine dernière, après la première réunion de cette concertation, les principaux syndicats du groupe avaient eux estimé qu’il y avait peu de marges de manoeuvre.

Le gouvernement avait annoncé fin février son intention de réformer la SNCF avec un recours possible aux ordonnances et en supprimant le statut de cheminot pour les nouvelles recrues.

Concernant l’impact de ce statut sur les finances du groupe, la direction « va publier dans les jours qui viennent » une fiche comparant « les éléments du statut » et ceux « du CDI pour que chacun puisse, ligne à ligne, savoir quels sont les différences et les coûts associés à ces différences », a indiqué M. Pepy, souhaitant « un débat mature ».

Le 15 mars, la direction doit dire au gouvernement comment elle compte mettre au point le « projet stratégique » qu’elle doit rendre au gouvernement le 1er juillet. Elle donnera « le menu: les thèmes, la méthode, le calendrier », a résumé M. Pepy.

Le patron de la SNCF a listé les thèmes qu’il compte aborder: « efficacité industrielle, compétences élargies dans les métiers, création de nouveaux métiers polyvalents, accélération digitale, organisation locale du travail, simplification, et nouvelle organisation. »

Le Premier ministre Edouard Philippe exige en effet de la SNCF qu’elle soit plus efficace. Il lui faudra en particulier « aligner ses coûts sur les standards européens », quand « faire rouler un train en France coûte 30% plus cher qu’ailleurs ».

Interrogé sur la menace d’une grève dure, M. Pepy a de nouveau demandé « qui a intérêt à une grève », alors que « le train gagne des parts de marché en France ». Il a dit n’avoir « pas encore lu » le contre-projet de la CGT Cheminots, présenté mercredi, et n’avoir « aucune idée » sur la date d’une éventuelle grève.

Le 15 mars également, les quatre syndicats représentatifs du groupe (CGT, Unsa, SUD Rail, CFDT) doivent se réunir pour décider ou non d’une grève nationale reconductible. Et la veille, le projet de loi d’habilitation des ordonnances sera présenté en Conseil des ministres.

Le leader de la CGT, Philippe Martinez, a de son côté estimé jeudi sur LCP que « les cheminots sont remontés parce qu’ils ne supportent pas d’être culpabilisés ». « Ce n’est pas un privilège que d’avoir des droits collectifs », a-t-il dit.

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