Réforme des retraites: avocats, médecins et pilotes menacent d’une grève le 3 février

PARIS, 11 octobre 2019 (AFP) – Quinze organisations des professions du droit, de la santé et du transport aérien, réunies au sein du « collectif SOS Retraites », ont annoncé vendredi une journée de grève le 3 février « si elles ne sont pas rassurées d’ici là » sur la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron.

Galvanisé par sa manifestation du 16 septembre – 20.000 participants revendiqués, moitié moins selon la police -, ce collectif créé fin août veut faire monter la pression sur l’exécutif.

Ses membres restent farouchement opposés au « régime universel » promis par le chef de l’État et censé remplacer les 42 caisses de retraite actuelles. Ils redoutent à la fois de payer plus de cotisations et de perdre leurs réserves financières.

La relance d’une concertation sur le sujet depuis un mois n’a pas apaisé la situation: « Nous n’avons obtenu aucune garantie, le gouvernement s’obstine à rappeler son dogme et ne fait aucune proposition nouvelle », a déclaré Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux, lors d’une conférence de presse.

« Nous avons donc décidé de nous arrêter ensemble le 3 février prochain », a-t-elle poursuivi, soulignant que « la dernière fois que c’est arrivé, c’était en 1968 ».

Un ultimatum qui laisse près de quatre mois au gouvernement pour « reprendre sa copie » et permet au collectif de « profiter pleinement du débat des municipales », a-t-elle indiqué.

En cas d’échec, ce sera l’épreuve de force. « Le 3 février, tous les pilotes basés en France seront en grève, y compris ceux des compagnies étrangères », a affirmé Yves Deshayes, président du SNPL, majoritaire dans la profession.

« L’étape suivante sera une grève extrêmement dure, de plusieurs jours, probablement illimitée », a-t-il ajouté.

Du côté des professions de santé, les principaux syndicats jouent pour l’heure le jeu de la concertation, mais d’autres sont prêts à la confrontation, comme Jérôme Marty, président du syndicat de médecins UFML, qui espère « un blocage total et global ».

Et met en garde: « Un coup de semonce, on le tire devant le bateau. Le coup suivant, on le tire dans le bateau ».

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