Réforme des retraites: pour Martinez (CGT) « compliqué d’avoir une influence »

PARIS, 6 septembre 2019 (AFP) – Le secrétaire général de la CGT a estimé vendredi qu’il lui serait « compliqué d’avoir une influence » sur la réforme des retraites et prévenu qu’il n’aimait « pas perdre (son) temps », à l’issue de son entretien à Matignon avec le Premier ministre Édouard Philippe.

« Ca nous paraît compliqué d’avoir une influence sur une future loi, alors que nous avons discuté 18 mois avec M. Delevoye et qu’aucune de nos propositions n’a été retenue », a-t-il déclaré.

Edouard Philippe, le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, et la ministre des Solidarités Agnès Buzyn reçoivent depuis jeudi les partenaires sociaux pour entamer une nouvelle concertation sur la réforme des retraites, sur la base du rapport remis mi-juillet par M. Delevoye. Le texte préconise un système par points remplaçant les 42 régimes existants et un âge de départ de 64 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein.

« Nous sommes attachés au système de retraite tel qu’il est aujourd’hui », a souligné le leader cégétiste, regrettant de n’avoir « pas réussi à convaincre (le Premier ministre) qu’il fallait abandonner le rapport Delevoye ».

La centrale de Montreuil attend que M. Philippe précise, la semaine prochaine, la méthode et le calendrier de la concertation pour décider si elle y participera ou non. Peu enthousiaste, M. Martinez a prévenu: « On n’aime pas perdre notre temps ».

La CGT mise plutôt sur « des mobilisations, sous forme de grève, de manifestations », avec déjà trois dates programmées les 20, 24 et 27 septembre, à la fois « sur les questions sociales et climatiques ».

« Nous pensons que ça va ensemble », a-t-il indiqué, espérant ainsi fédérer « bien au-delà des seules organisations syndicales de salariés ».

M. Martinez n’a cependant pas fermé la porte à la « concertation citoyenne » voulue par l’exécutif. « On est tout à fait favorables à ce que les citoyens donnent leur avis », a-t-il affirmé. « Les débats ne nous font pas peur », à condition qu’ils soient « contradictoires, avec des points de vue différents ».

« Un débat ce n’est pas quelqu’un debout, même avec les manches de chemise retroussées, qui explique à son auditoire ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire », a-t-il insisté, en référence aux interventions d’Emmanuel Macron durant le « grand débat » en début d’année.

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