Réforme du CICE: des effets « négatifs » sur l’emploi à court terme (OFCE)

PARIS, 18 octobre 2018 (AFP) – La transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisses de charges pérennes, prévue en 2019, devrait avoir avoir des effets « négatifs » sur l’emploi à court terme, avant d’en créer à partir de 2023, estime une étude de l’OFCE publiée jeudi.

« La transformation du CICE en baisses de cotisations sociales employeurs se traduirait par des effets positifs sur l’emploi à l’horizon 2023 », créant alors entre 40.000 et 50.000 emplois, estime l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

« Cependant, en 2018 et en 2019, les effets sur l’emploi seraient négatifs (environ -20.000 chaque année), les entreprises accusant dans un premier temps la réduction du taux de CICE de 7% à 6% », a expliqué l’institut dans ses perspectives économiques 2018-2020.

En outre, les effets sur le PIB « seraient au mieux nuls à cet horizon (-0,1 point de croissance du PIB) », a ajouté l’OFCE qui table sur une croissance cette année de 1,7% en France, comme le gouvernement, et de 1,8% l’an prochain.

« L’économie française a affiché des résultats décevants au premier semestre 2018 », a reconnu l’organisme qui l’attribue le ralentissement en partie à la hausse des prix du pétrole et à la dégradation de l’environnement international, comme dans le reste de la zone euro.

« A cela s’ajoute en France un calendrier fiscal défavorable au premier semestre 2018, l’impact des grèves au deuxième trimestre 2018 et une moindre consommation en énergie due à un printemps exceptionnellement doux », a expliqué l’institut.

« Au second semestre 2018, du fait des mesures fiscales (baisse des cotisations sociales salariées, première tranche de la suppression de la taxe d’habitation), le pouvoir d’achat des ménages devrait augmenter fortement », a-t-il prévu.

Promesse de campagne d’Emmanuel Macron, la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisses de charges pérennes, actée dans le projet de loi de finances 2018, entrera en vigueur au 1er janvier.

Cette mesure va peser lourdement sur le déficit public en 2019: l’Etat devra payer « double » en supportant le remboursement du CICE pour 2018 et la baisse de cotisations pour l’année en cours, soit un total de 40 milliards d’euros.

Pour limiter l’impact de cette « bascule », Bercy a annoncé un report au 1er octobre 2019 d’un allègement supplémentaire de 4 points sur les cotisations patronales, prévu sur les salaires au niveau du SMIC. De quoi économiser deux milliards d’euros.

arz/soe/spi