Réforme du droit du travail: « un retour au XIXe siècle » pour Martinez (CGT)

PARIS, 20 février 2016 (AFP) – Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, a estimé samedi que le projet de réforme du droit du travail marquait « un recul historique pour les droits des salariés », « un retour au XIXe siècle » appelant à « une riposte » conjointe des syndicats.

Le projet de loi El Khomri marque « un retour en arrière comme on n’en a jamais vu. Je dirais même un retour au XIXe siècle », tance le patron cégétiste dans une interview à Libération.

« Il suffit d’ailleurs de voir les acclamations du Medef pour mesurer le niveau de régression que ce texte représente pour les salariés. A tel point qu’on peut se demander si ce n’est pas le patronat lui-même qui a écrit le projet », poursuit-il.

Pour Philippe Martinez, « le Président a tourné le dos à ses promesses de campagne » et « a choisi son camp ». « Cette majorité continue, voire accélère la politique menée par la précédente, tout en allant au-delà des espérances du Medef. Tout cela appelle une riposte », dit-il.

« On est train de se réunir, de réfléchir, à la fois au sein de la CGT, mais aussi avec les autres centrales » pour « conjuguer » les « nombreuses mobilisations dans les entreprises » sur « les salaires, l’emploi, les services publics, et bien sûr contre ce texte », affirme-t-il.

Interrogé sur les points du texte qui le gênent le plus, il en retient trois : « la durée du travail » avec des 35 heures qui « restent le principe, mais plus la règle », l' »inversion de la hiérarchie des normes » avec une « primauté quasi systématique donnée à l’accord d’entreprise par rapport à la branche, voire à la loi » et enfin la voie ouverte, selon lui, à une « non-justification des licenciements économiques », les entreprises allant pouvoir restructurer « sans difficultés ».

Le projet sera présenté le 9 mars en Conseil des ministres avant un examen à l’Assemblée nationale en avril.

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