Réforme du travail par ordonnances: Bayrou exprime sa « différence » et prône « le dialogue »

PARIS, 8 mai 2017 (AFP) – Le président du MoDem, François Bayrou, a concédé lundi « une différence » avec Emmanuel Macron sur la méthode concernant la réforme du travail et prôné le « dialogue » alors que le président élu dimanche a promis de réformer par ordonnances dès l’été.

M. Bayrou, qui a souvent plaidé pour la simplification du droit du travail, a rappelé sur franceinfo qu’il était « persuadé qu’il y a à simplifier » en la matière. Interrogé ensuite sur la méthode, il a répondu: « le président et le gouvernement qu’il nommera chercheront la meilleure méthode possible pour améliorer la situation du pays ».

Ajoutant: « Je sais depuis longtemps que quand on a des décisions qui sont difficiles à prendre, c’est bien d’avancer, mais c’est bien en même temps de dialoguer, et d’essayer de trouver la meilleure démarche possible ».

Interrogé sur le fait de savoir si cela constituait une « différence » avec ce qu’a prévu de faire M. Macron, M. Bayrou a concédé: « c’est normal, qu’il y ait des différences ».

« Les ordonnances, c’est une méthode dans laquelle on fait le constat que les choses sont bloquées et elles l’ont été depuis des années », a-t-il expliqué.

« Moi je suis persuadé qu’une élection comme celle-là débloque les choses », « et je suis persuadé que le nouveau président de la République qui a dit qu’il recevrait les syndicats va discuter avec eux de ce sujet », a-t-il affirmé alors que cette question du recours aux ordonnances crispe beaucoup à gauche.

Jean-Luc Mélenchon avait demandé au candidat Macron de revenir sur ce projet. « Si déjà aujourd’hui, dès qu’il y a la moindre brise, je commence à décider de me tordre et de me contorsionner, on ne va pas être servi pendant cinq ans », avait dit M. Macron, s’engageant à rencontrer « toutes » les organisations syndicales et patronales.

Les ordonnances, avait aussi plaidé M. Macron, sont une procédure « différente du 49.3 », – arme constitutionnelle au demeurant « démocratique » selon lui -, qui permet de « raccourcir le temps parlementaire », mais pas de le contourner compte tenu de la nécessité d’un passage au Parlement d’un projet de loi habilitant le gouvernement à légiférer par ordonnances.

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