Relance: le Medef veut attribuer des « éco-chèques » aux ménages modestes

PARIS, 28 mai 2020 (AFP) – Le Medef a proposé jeudi la distribution d' »éco-chèques » aux ménages sous conditions de ressources, dans le cadre d’une présentation de ses propositions pour le plan de relance de l’économie après la crise sanitaire.

« On s’est inspiré d’une mesure belge. Les éco-chèques, c’est transverse… ça concerne à la fois la nourriture bio mais aussi les équipements ménagers moins consommateurs (en énergie) », ainsi que « des éléments d’isolation thermique des bâtiments », a expliqué lors d’une conférence de presse en ligne le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.

Il a précisé qu’en Belgique, où le système existe depuis plusieurs années, c’était les entreprises qui distribuaient ces chèques mais qu’en France, elles n’en auraient pas les moyens dans la situation actuelle. Il a aussi rejeté le modèle américain de « monnaie hélicoptère » mis en oeuvre par l’administration Trump.

En effet « distribuer 500 ou 1.000 euros à chaque foyer sous condition de ressources » comporte le risque « de simplement abonder l’épargne très élevée des ménages », et aussi « que cela se transforme en accélérateur d’importations, pour le faire simple acheter un iPhone sur Amazon », selon M. Roux de Bézieux.

La mesure, comme celle de « défiscaliser le déblocage anticipé de la participation et de l’intéressement » ou d' »exonérer les dons d’argent familiaux (avec plafond) effectués dans les 12 mois » vise à soutenir la consommation des ménages « en faisant mieux circuler l’argent », détaille l’organisation patronale.

L’urgence de ces mesures se justifie car selon le Medef, « la situation macro-économique est plus dégradée en France que dans la moyenne de l’UE ».

Parmi les dispositions proposées par le Medef mercredi au ministre de l’Economie Bruno Le Maire, figurent aussi remboursements anticipés de crédits d’impôts ou de créances fiscales pour les entreprises, le report des échéances fiscales et sociales du mois de juin et un étalement du remboursement des charges déjà reportées.

Dans un second temps, le Medef voudrait que ces charges soient annulées pour les entreprises « mises en difficulté par la crise ». Et dans le cas où ces dernières ne pourraient pas rembourser les prêts garantis par l’Etat (PGE), une partie « devra être substituée par des quasi-fonds propres » sous forme d’obligations de longue durée.

Enfin, la première organisation patronale française plaide pour une poursuite des réformes structurelles afin d’améliorer la compétitivité des entreprises françaises, en supprimant un impôt de production (la C3S) et en baissant un autre (le CET) pour un coût de 5,5 milliards d’euros sur la base de ce qu’ils rapportaient aux finances publiques avant la crise.

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