Rémunération des pharmaciens: les syndicats demandent à l’Assurance maladie de revoir sa copie

PARIS, 5 juillet 2017 (AFP) – L’Assurance maladie a proposé mercredi une enveloppe de 250 millions d’euros supplémentaires pour la diversification de la rémunération des pharmaciens, sans parvenir à satisfaire leurs syndicats, qui se donnent jusqu’au 12 juillet pour aboutir à un accord.

La proposition de l’Assurance maladie, formulée près de cinq mois après le début de ses négociations avec la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et l’Union des syndicats des pharmaciens d’officine (Uspo), « n’est absolument pas satisfaisante », a estimé le vice-président de la FSPF, Philippe Besset, à l’issue d’une réunion mercredi.

« Il faut revoir la copie », a déclaré Gilles Bonnefond, le président de l’Uspo.

Les syndicats réclamaient une enveloppe de 300 millions d’euros sur trois ans, mais surtout la garantie que ce supplément ne leur serait « pas repris » à travers les baisses de prix sur les médicaments, a rappelé M. Besset.

Or la revalorisation proposée ne « tient pas compte de l’impact des baisses de prix » programmées chaque année dans le budget de la sécurité sociale, a-t-il jugé. « On nous donne 250 millions d’euros d’un côté et on nous reprend 400 de l’autre », anticipe-t-il.

L’Assurance maladie a accepté le principe d’une « clause de revoyure » demandée par les syndicats, mais là encore dans des conditions insatisfaisantes, selon M. Besset.

« En 2016, les ressources de l’officine s’élevaient en gros à 6 milliards d’euros. On estime qu’elles seront à 5,8 milliards en 2017 et on en réclame 6,3 pour 2020. Or l’Assurance maladie nous promet de renégocier si les revenus sont inférieurs à 5,7 milliards en 2020 », a déploré M. Besset.

Comme l’Uspo, la FSPF prévoit de se rendre à l’ultime réunion de négociation prévue le 12 juillet mais en appelle désormais à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, espérant de « nouveaux arbitrages ».

La signature d’un seul des deux syndicats suffirait à valider un accord.

« Il y a urgence. La profession attend beaucoup de cette négociation afin que les choses changent profondément », avait commenté le président de l’Uspo, Gilles Bonnefond, avant la séance. « Les revenus des officines ont baissé de 3% en deux ans », assurait-il.

Encore très dépendantes du prix et des volumes des médicaments, les officines dont la rémunération est constituée pour moitié de la marge commerciale, pour l’autre des honoraires de dispensation (1 euro par boîte remboursable), sont impactées par la maîtrise des dépenses de santé.

L’objectif est de transférer progressivement une partie de cette marge -1,25 milliard d’euros sur trois ans- vers de nouveaux honoraires notamment liés à la complexité des médicaments ou au profil des patients (jeunes enfants et personnes âgées), soit un quart de la rémunération.

Le 26 avril, les parties avaient signé un protocole actant un certain nombre d’avancées, comme la rémunération des « bilans de médication » ou la revalorisation de l’indemnité d’astreinte perçue par les pharmaciens dans le cadre de la permanence pharmaceutique.

Enfin, les rémunérations sur objectifs de santé publique (Rosp) – comme la délivrance de médicaments génériques, application du tiers payant – seraient complétées.

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