Rémunération des pharmaciens: poursuite des négociations avec l’Assurance maladie

PARIS, 27 avril 2017 (AFP) – Les syndicats de pharmaciens se sont prononcés jeudi pour la poursuite des négociations avec l’Assurance maladie, se donnant trois mois de plus pour parvenir à un accord sur la diversification de leurs modes de rémunération.

La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) et l’Union des syndicats des pharmaciens d’officines (Uspo) ont fait savoir qu’ils signeraient d’ici vendredi le protocole d’accord proposé par l’Assurance maladie, qui formalise « quelques avancées » et prolonge les discussions débutées en février.

Faute d’accord trouvé mercredi, les représentants des pharmaciens avaient le choix entre signer ce protocole ou dénoncer leur convention quinquennale pour repartir sur des négociations qui ne débuteraient pas avant six mois.

« En signant, on ne jette pas tout le travail à la poubelle et on dit qu’il reste des points à améliorer », a déclaré lors d’une conférence de presse Gilles Bonnefond, secrétaire général de l’Uspo, qui s’est prononcé à l’unanimité en faveur du protocole.

Affichant sa « déception » de ne pas avoir réussi à trouver un accord à l’issue de la dernière séance de négociations, le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), Philippe Gaertner, s’en était remis à la décision par vote électronique des adhérents. La majorité s’est également prononcée pour la signature.

« On est à la limite de l’acceptable. Trois mois de plus, c’est l’opportunité d’accélérer les choses », a-t-il commenté devant la presse.

Les pharmaciens sont en négociation depuis le 22 février pour modifier la rémunération des officines par la Sécu. Encore très dépendantes du prix et des volumes des médicaments, les officines sont impactées par la maîtrise des dépenses de santé. Diverses solutions sont étudiées pour qu’elles soient payées en honoraires, en contrepartie de la baisse de leur marge.

Dispenser un médicament spécifique (médicament à surveillance particulière, anxiolytiques, contraception d’urgence), exécuter une ordonnance pour un jeune enfant ou un patient âgé, faire des « bilans de médication » sont par exemple des pistes de rémunérations, selon le protocole dont l’AFP a obtenu copie.

Or, cela implique un investissement de la part de l’Assurance maladie, dont le montant n’est pas encore garanti, selon les syndicats.

En outre, les discussions achoppent sur une clause de revoyure, ajoutée à la demande des syndicats pour ajuster l’enveloppe de la Sécu si la situation économique est dégradée par rapport au prévisionnel.

Pour M. Bonnefond, ce protocole qui court jusqu’à fin juillet permettra de « montrer au prochain gouvernement qu’il y a un dossier urgent sur le feu, la pharmacie ».

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