Renault Sandouville: la CGT défend son action judiciaire menée pour « la santé des salariés »

PARIS, 11 mai 2020 (AFP) – Le syndicat CGT du groupe Renault, qui a obtenu jeudi en référé la suspension du redémarrage de l’usine de Sandouville (Seine-Maritime) du constructeur automobile, a défendu lundi son action judiciaire menée pour « préserver la santé des salariés ».

« La direction de Renault Sandouville n’a pas tenu compte de ses obligations légales et s’est contentée d’informer les élus des dispositions qu’elle a, elle seule, décidé de mettre en oeuvre en violation des dispositions du Code du travail mais aussi en violation de l’accord d’entreprise du 17 juillet 2018 », détaille la CGT Renault dans un communiqué.

« La CGT a donc été contrainte de saisir le tribunal judiciaire du Havre pour que le droit soit appliqué et que les mesures de reprise de l’activité permettent effectivement d’assurer la santé et la sécurité des travailleurs », indique le syndicat.

« Si la direction avait respecté ses obligations légales et la santé des salariés, il n’aurait pas été nécessaire d’en appeler au juge et la suspension provisoire de l’activité n’aurait pas eu lieu », ajoute-t-il.

« C’est bien de la préservation de la santé des salariés dont il est finalement question ici, et pas seulement de procédure! », relève le syndicat.

Dans sa décision, « le juge a donné raison à la CGT », souligne encore cette dernière, dont l’action judiciaire a été dénoncée depuis par d’autres syndicats et par le gouvernement. La CFDT l’a qualifiée d' »irresponsable », le gouvernement de « mauvaise ».

« Qu’y aurait-il d’+irresponsable+ à saisir un tribunal dont la fonction est précisément de juger et de dire le droit? N’est-ce pas le b.a.-ba du syndicalisme que de défendre l’intérêt des salariés et faire respecter les droits qui s’imposent à une direction d’entreprise? », répond la CGT Renault dans son communiqué.

Dans son ordonnance de référé, dont l’AFP a obtenu une copie, le tribunal judiciaire du Havre condamne Renault « à suspendre la reprise de la production » à Sandouville, « cette reprise ne permettant pas d’assurer la santé et la sécurité des travailleurs de l’usine face au risque lié au Covid-19 ».

L’usine de Sandouville, qui compte plus de 1.800 salariés, avait stoppé sa production le 16 mars à cause de l’épidémie, avant de la reprendre partiellement le 28 avril.

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