Renault tente de boucler son nouvel accord social

PARIS, 13 décembre 2016 (AFP) – Des embauches, une organisation du temps de travail plus flexible, un dialogue social renforcé: direction et syndicats de Renault tentent mardi de boucler le nouvel accord d’entreprise pour 2017-2019, dans un contexte plus favorable pour le groupe automobile.

Après huit séances de discussions, les syndicats ont fait mardi matin la liste de leurs revendications, sur lesquelles la direction de Renault devait se prononcer dans l’après-midi, a expliqué à l’AFP la CFDT.

L’accord en négociation doit succéder à l’accord de compétitivité de 2013 qui, selon la direction, se soldera à fin 2016 par 9.200 départs sur trois ans et 3.000 embauches (contre 730 prévues initialement) dont une partie seront réalisées en 2017.

En échange d’un maintien de tous les sites en France jusqu’à fin 2016, la CFE-CGC (1er syndicat), la CFDT (3e syndicat) et FO (4e syndicat) avaient alors accepté des efforts conséquents: réduction de 15% des effectifs, augmentation du temps de travail, plus de mobilité et de flexibilité et gel des salaires la première année.

Depuis, la situation économique de Renault s’est considérablement améliorée. Fin juillet, l’entreprise avait publié un bénéfice net en hausse de 7,5% pour le premier semestre 2016, à 1,5 milliard d’euros.

Début novembre, le groupe avait proposé aux syndicats d’embaucher 3.000 personnes en CDI pour les trois prochaines années. Une annonce jugée « pas à la hauteur » par la CFE-CGC. La CFDT demande 4.500 recrutements, la CGT (2e syndicat) 14.000.

« Les embauches annoncées ne combleront même pas les départs », a estimé Fabien Gâche (CGT), évoquant 4.500 départs naturels prévus sur la période et la promesse de Renault de diviser par deux le nombre d’intérimaires. Ce qui représenterait 4.500 départs supplémentaires, selon la CGT.

-Une flexibilité ‘inacceptable’-

Mi-octobre, Renault avait aussi demandé davantage de flexibilité aux salariés en proposant une nouvelle modulation annuelle du temps de travail, sur la base d’une période de « haute activité » pouvant aller jusqu’à six mois.

Cette modulation permettait de réduire le nombre d’heures supplémentaires par un jeu de compensation entre périodes chargées et creuses, de travailler une heure et trente minutes de plus par jour ainsi que le samedi.

Face à la volée de bois vert des syndicats, qui dénonçaient des propositions « inacceptables » (FO) et « un risque pour le pouvoir d’achat » (CFE-CGC), le groupe a fait marche arrière quelques semaines plus tard.

Il n’est dorénavant plus question de modulation annuelle, la possibilité de débordement a été abaissée à une heure et quinze minutes et le travail le samedi ne pourra, en principe, se faire que sur la base du volontariat.

Malgré ces reculades, la possibilité de demander une heure quinze de travail supplémentaire aux salariés passe encore difficilement auprès des syndicats.

Les propositions concernant la politique managériale et le dialogue autour de la qualité du travail sont mieux accueillies par certains syndicats. Lors de leurs présentations en novembre, la CFDT y voyait une « révolution » et FO « un projet hyper-ambitieux ».

La CGT a appelé mardi les salariés à débrayer en opposition au projet de la direction. Cet appel à la grève a été peu suivi selon Renault qui a avancé le chiffre de 1,7% de grévistes à la mi-journée, en prenant en compte l’ensemble du personnel.

A cette occasion, les salariés de l’usine de Lardy (Essonne) ont accueilli une délégation d’ouvriers turcs de l’usine Renault de Bursa, qui s’était mis en grève en mai 2015 pour la renégociation de l’accord salarial et pour se faire reconnaître le droit de se syndiquer au syndicat de leur choix.

Dans le périmètre de l’accord (Renault SAS et sept filiales industrielles), Renault recensait 35.000 salariés fin 2015.

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