Renault: une fermeture ou cession du site de Caudan serait « inacceptable » (élus)

RENNES, 28 mai 2020 (AFP) – Le président de la région Bretagne, le maire de Lorient et cinq parlementaires jugent « inacceptable » une fermeture ou une cession du site Renault de Caudan (Morbihan) dans une lettre adressée jeudi au Premier ministre.

« Nous souhaitons vous réaffirmer notre totale opposition à une éventuelle décision de fermeture du site de la Fonderie de Bretagne de Caudan, ainsi qu’à tout autre scénario qui consisterait à inscrire l’avenir du site hors du giron du groupe Renault », écrivent ces élus, parmi lesquels figure Loïg Chesnais-Girard, successeur du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian à la tête de la région Bretagne.

« Une telle décision serait incompréhensible et inacceptable, tant pour les salariés, inquiets et plongés dans l’incertitude, que pour l’ensemble des acteurs du territoire », insistent-ils.

Ils rappellent qu’outre « l’effort significatif que va consentir l’État », les collectivités bretonnes ont déjà « consenti à deux reprises un soutien financier » à hauteur de 8,2 millions d’euros pour « moderniser cet outil industriel, assurer sa compétitivité et sa pérennité, et participer de ce fait au maintien de l’emploi sur notre territoire ».

« C’est donc à un outil totalement rénové, au savoir-faire et aux capacités de production importantes, que nous faisons face », écrivent-ils, regrettant qu' »un volume significatif de production continue d’être délesté dans des sites situés hors du territoire national, maintenant de manière artificielle l’idée que le site de Caudan serait structurellement déficitaire ».

Le courrier, également adressé au ministre de l’Économie Bruno Le Maire, est aussi signé par le maire (PS) de Lorient Norbert Métairie, deux députés (LREM) du Morbihan et trois sénateurs (EELV, UDI et LR) du Morbihan.

Filiale du Groupe Renault, implantée depuis 1965, La Fonderie de Bretagne, qui compte un peu moins de 400 salariés, produit des pièces de fonderie brutes et usinées pour l’industrie automobile: pièces de sécurité et pièces pour les moteurs et les boîtes de vitesses, selon le site internet du groupe automobile.

Renault doit dévoiler vendredi les contours d’un plan d’économies. Selon des informations de presse, quatre sites en France seraient menacés dont la Fonderie de Bretagne.

Jeudi soir, sous un soleil de plomb, le site restait bloqué par les salariés installés sous une tente, avec de la musique en fond sonore. De grandes banderoles sont accrochées sur les grilles d’entrée dont une proclame : « Renault doit faire vivre la FDB ».

« Tout est encore bloqué. On attend le CCE de Boulogne ce soir, il y aura sûrement des infos et on a un CSE demain à 08h00 », a expliqué à l’AFP Maël Le Goff, secrétaire de la section CGT. « Les gars sont à cran », assure-t-il.

Pour Séverine, 46 ans et 19 ans à la FDB , militante CGT, l’amertume domine. « Tout est neuf. Tout a été changé ! » assure-t-elle en rappelant qu’il y a un an un incendie a ravagé une partie de l’usine. « On est au top du top et c’est maintenant qu’on ferme », a-t-elle ironisé.

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