Renault va restreindre les dispenses d’activité des seniors

PARIS, 4 octobre 2016 (AFP) – Après avoir ouvert grand les vannes pendant trois ans, Renault va désormais limiter les dispenses d’activité, qui seront réservées aux salariés seniors ayant connu des conditions de travail pénible, et supprimer les incitations financières au départ, a annoncé mardi le constructeur aux syndicats.

Au cours de la deuxième réunion de négociation d’un nouvel accord d’entreprise devant succéder à l’accord de compétitivité de 2013, la direction a également pris « l’engagement » d’une « politique de recrutement pluriannuelle » mais sans le quantifier.

Sur les recrutements, Renault devrait préciser ses intentions lors des prochaines réunions fixées les 18 et 25 octobre, ont indiqué à l’AFP plusieurs syndicats. A ce stade, le groupe a seulement indiqué que 30% des embauches devraient être réservées à d’anciens alternants ou stagiaires à la fin du prochain accord.

S’agissant des aménagements de fin de carrière des salariés âgés, Renault a « reconnu qu’elle ne pouvait continuer au même rythme à laisser partir des compétences dont elle a besoin », selon Bruno Azière (CFE-CGC).

Pour réduire plus de 15% de ses effectifs en trois ans sans plan social, Renault avait notamment étendu dans l’accord de 2013 les possibilités de dispense d’activité.

Les salariés pouvaient ainsi arrêter de travailler trois ans avant leur retraite à taux plein tout en étant rémunérés à 75%, Renault continuant de contribuer à 100% aux cotisations retraite.

Sur 9.200 départs estimés par l’entreprise entre début 2013 et fin 2016, plus de la moitié concernent des salariés en dispense d’activité, davantage que prévu, reconnaît Renault.

Comme avant 2013, le dispositif va être reciblé sur les ouvriers, employés, techniciens ou agents de maîtrise ayant travaillé au moins 15 ans en horaires décalés ou reconnus en incapacité permanente d’au moins 10% par la Sécurité sociale.

« Sans embauches, le problème reste entier, ça ne résout pas la question des conditions de travail », a commenté Fabien Gâche (CGT), qui a réitéré sa demande d’au moins 14.000 recrutements dans les trois ans compte-tenu des sous-effectifs dans certains services et des départs naturels prévus d’ici 2019.

Malgré la reprise des embauches en 2015, environ 7.200 postes nets ont été supprimés depuis 2013 sur le périmètre de l’accord (35.000 salariés à fin 2015).

Par ailleurs, la CGT a fait part de sa « déception » devant le niveau des investissements de formation annoncés (220 millions d’euros sur 2017-2019).

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