Renégociation des RTT chez Bouygues Telecom: accord signé

PARIS, 23 septembre 2016 (AFP) – Un accord sur la réorganisation du temps de travail chez Bouygues Telecom, visant à ramener les salariés vers les 35 heures hebdomadaires sur la base du volontariat en renégociant les RTT, a été signé vendredi par le seul syndicat Force ouvrière, a-t-on appris de sources concordantes.

En l’absence d’opposition majoritaire, la signature de FO (37% des voix, de sources syndicales) suffit à valider cet accord, négocié depuis plusieurs mois et qui concerne potentiellement 5.500 salariés (sur 7.500, filiales comprises).

FO avait déjà fait part en août de son intention de signer cet « accord de compromis ». Les comités d’hygiène et de sécurité (CHSCT) et les comités d’entreprise consultés n’ayant « pas émis de réserves », le syndicat a signé vendredi, a indiqué à l’AFP Bernard Allain, secrétaire général de FO Bouygues Telecom.

La CFTC, majoritaire (40%), ne paraphera pas le texte, soumis à signature jusqu’à lundi, mais ne s’opposera pas non plus, selon son représentant Nicolas Faber. La CFDT (22%), qui souhaitait faire barrage à un accord qu’elle juge « risqué » et « inéquitable », ne pourra donc pas s’y opposer.

Cet accord vise à « gagner en compétitivité dans un marché ultra-concurrentiel », surtout pour les téléconseillers, a expliqué à l’AFP Mylène Collin, DRH de Bouygues Telecom. L’objectif est, « à horaire annuel égal », de ramener les salariés vers les 35 heures hebdomadaires, contre 39 heures et 23 jours de RTT aujourd’hui, a-t-elle souligné.

A partir du 1er octobre, les futurs embauchés se verront appliquer obligatoirement le nouveau régime, qui diminue ou supprime, selon les catégories, le nombre de jours de RTT contre des horaires modifiés. Pour les salariés déjà en poste, le recueil du volontariat s’étalera jusqu’à décembre pour une application au 1er janvier, a précisé FO.

Concrètement, les téléconseillers travaillant 39 heures hebdomadaires, avec 23 jours de compensation, auront le choix, irréversible, entre rester au régime actuel ou passer à 35 h sans aucune RTT. Un passage à 37 heures, avec 12 jours de RTT, est proposé aux autres catégories d’employés et techniciens. Dans les deux cas, une « incitation financière au changement », sous forme d’une hausse de salaire de 2%, est proposée, a précisé Mme Collin.

Les cadres au forfait jour pourront, eux, voir augmenter de 1,5% leur rémunération s’ils troquent deux RTT sur 14. Quant aux directeurs et leurs adjoints, ils conserveront 5 jours de repos, 8 jours leur étant « rachetés » pour l’équivalent de 3% de leur salaire mensuel.

L’accord inclut aussi les congés d’ancienneté, qui seront réduits pour les nouveaux salariés.

Pour l’entreprise, l’accord concernera essentiellement les futurs embauchés, notamment dans ses centres d’appel (environ 1.500 salariés), internalisés au contraire de nombre de ses concurrents, et où il y a beaucoup de turn-over, a souligné la DRH.

Sans accord, la direction aurait « purement et simplement dénoncé » le texte actuel sur les 35 heures, a souligné FO, qui sera vigilant pour qu’il n’y ait « aucune pression » sur les salariés.

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