Rennes: 120 postes menacés à l’université Rennes 1, selon les syndicats

RENNES, 24 octobre 2018 (AFP) – L’université de Rennes 1, placée sous la tutelle du rectorat en raison de son déficit budgétaire, envisage la suppression de 120 postes, dont 28 enseignants-chercheurs, pour revenir à l’équilibre d’ici trois ans, a affirmé mercredi l’intersyndicale.

Interrogé par l’AFP, le président de l’université David Alis a démenti ce chiffre, parlant d’un « effort sur 82 postes de titulaires et contractuels sur trois ans ». « Il n’y a pas de licenciements, ce sont des postes que nous n’ouvrirons pas, en majorité des départs en retraite qui ne seront pas compensés », a-t-il précisé.

Une nouvelle phase du plan de retour à l’équilibre adopté en décembre dernier sera soumise jeudi au conseil d’administration.

Pour les syndicats de personnels et étudiants, ce plan « supprimerait 120 postes de titulaires, dont 28 enseignants-chercheurs et 92 personnels ingénieurs, techniciens et administratifs ».

« Cette amputation fait suite au plan de 100 suppressions de postes en cours depuis 2016 » et s’ajoute « à la baisse de 25% sur les cinq dernières années des crédits affectés par l’université aux formations et laboratoires de recherche », ajoute l’intersyndicale dans un communiqué.

Le déficit de l’université s’élève à 2,8 millions d’euros en 2018, contre 5,8 millions en 2017 sur un total de près de 300 millions d’euros. « On est sur une trajectoire de retour à l’équilibre pour 2021 », a indiqué David Alis.

Jugeant que les « conditions de travail ne font que se dégrader », les syndicats s’inquiètent eux des répercussions du plan sur « la qualité de la formation et de la recherche » et demandent aux administrateurs de refuser ce plan.

Une délégation doit être reçue jeudi par le rectorat.

« Nous devons faire face à une augmentation mécanique de la masse salariale qui représente plus d’un million d’euros par an et n’a pas été compensée en 2017 » par l’État, a précisé David Alis. « Il est très important que les universités, au moment où elles connaissent un accroissement d’effectifs, comme c’est le cas chez nous avec une hausse de 10% des étudiants en licence 1 cette année, puissent recevoir un accompagnement financier ».

Le président de Rennes 1 souligne que le plan présenté vise aussi à « moderniser » l’organisation de l’université. « On travaille sur les inscriptions en ligne, le paiement en ligne », assure David Alis, qui souhaite par ailleurs que « l’allocation des moyens aux universités prenne en compte des critères qualitatifs et pas seulement quantitatifs ».

L’université de Rennes 1, à forte dominante scientifique et de recherche, compte près de 30.000 étudiants répartis sur différents sites dans la capitale bretonne mais aussi à Saint-Brieuc, Saint-Malo et Lannion. Elle compte 3.300 personnels.

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