« Répressions syndicales »: plusieurs rassemblements jeudi en France

PARIS, 27 février 2020 (AFP) – Plusieurs rassemblements étaient organisés jeudi par la CGT et Solidaires en France, dont un devant le Conseil d’État à Paris où est étudiée une affaire opposant le ministère du Travail et un inspecteur du travail mandaté CGT, a constaté une journaliste de l’AFP.

Dans la capitale, une centaine de militants s’étaient rassemblés devant la plus haute autorité administrative pour soutenir Gérald Le Corre, inspecteur du travail et responsable des questions de santé au travail à la CGT de Seine-Maritime.

Selon la CGT, la préfecture de la région Normandie l’a exclu en janvier 2019, à la demande du ministère du Travail, de son mandat de représentant au sein de deux instances interprofessionnelles (Observatoire du dialogue social et Comité régional d’orientation des conditions de travail de Normandie).

L’argument: « il ne serait pas possible d’être inspecteur du travail et représentant CGT dans des instances interprofessionnelles car cela pourrait remettre en cause +l’impartialité du système d’inspection du travail+ », précise la CGT dans un communiqué d’appel au rassemblement.

Mais cette décision d’exclusion a été suspendue par le tribunal administratif de Rouen en mars 2019 et le ministère du Travail a saisi le conseil d’État, lui demandant d’annuler cette décision et de rejeter les conclusions présentées en première instance, selon un document de la haute autorité, dont l’AFP a obtenu copie jeudi.

Dans ses conclusions, le rapporteur public a « conclu au rejet du pourvoi » du ministère du Travail, a annoncé M. Le Corre, à la sortie de l’audience, sous les applaudissements des militants qui l’attendaient sous une pluie glaciale.

La CGT et M. Le Corre lient le recours du ministère du Travail au fait qu’il a distribué des tracts « mettant en cause la responsabilité de l’État » après l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen en septembre. Ce tract indique: « Lubrizol coupable, État complice ».

Le conseil d’État a indiqué à l’AFP que la décision devrait intervenir d’ici trois semaines, précisant que l’avis du rapporteur était suivi « dans 90% des cas ».

Interrogé par l’AFP, le ministère du Travail n’a pas réagi dans l’immédiat.

D’autres rassemblements étaient organisés dans le Val-d’Oise, devant une crèche où des militants syndicaux « subissent des pressions », a souligné une responsable de la CGT, Céline Verzeletti, de même qu’à Toulouse ou encore Marseille avec manifestation et meeting. Des arrêts de travail des dockers et travailleurs portuaires étaient aussi organisés, selon la CGT.

« C’est quand il y a des pics de mobilisation, comme là avec les retraites, que les répressions syndicales augmentent, avec une politique d’intimidation, de menaces, des licenciements », a dénoncé Mme Verzeletti.

Elle a aussi pointé le cercle vicieux des poursuites judiciaires: « quand vous vous défendez, vous êtes noyés par les procédures, vous n’avez plus l’énergie de militer ».

« Il est important que les libertés syndicales soient respectées. On ne doute pas que le conseil d’Etat donnera raison à notre camarade Gérald », a déclaré Eric Beynel (Solidaires).

Selon le Défenseur des droits, près d’une