Reprise de l’emploi à domicile au premier trimestre, après deux ans et demi de baisse

 PARIS, 12 juillet 2016 (AFP) – Après deux ans et demi de baisse, l’emploi à domicile a rebondi au premier trimestre de 2016 par rapport aux trois mois précédents, et affiche même une légère progression sur un an, a annoncé mercredi l’organisme collecteur des cotisations de Sécurité sociale (Acoss).

La masse salariale nette versée par les employeurs de salariés à domicile (garde d’enfants, aide-ménagères etc) a progressé de 1% au premier trimestre, après une baisse de 0,1% le trimestre précédent, alors que le nombre d’heures déclarées a affiché sa première hausse en quatre ans (+0,5%).

Sur un an (premier trimestre comparé à la même période de 2015), la masse salariale nette est en hausse de 0,3%, car l’augmentation 1,7% du taux de salaire horaire a largement compensé une baisse de 1,4% du nombre d’heures déclarées, par ailleurs nettement plus modérée que le trimestre précédent (-3%).

« On commence à tenir le bon bout », s’est félicitée Marie-Béatrice Levaux, présidente de la Fédération des particuliers employeurs (Fepem), soulignant l’importance d’un secteur qui, avec 530.000 emplois équivalent-temps-plein, représente autant en cumulé que « la SNCF, Orange, La Poste et Air France », ou encore « la totalité de l’agro-alimentaire ».

Elle a attribué ce début de reprise, qui selon elle devrait se confirmer, à la baisse du coût de l’emploi, liée aux allègements de charges votés pour les particuliers employeurs.

C’est dans le champ de la garde d’enfants que l’emploi à domicile progresse le plus: la masse salariale est en hausse de 2,2% en un trimestre, grâce à une augmentation marquée du nombre d’heures déclarées (+1,7%).

Ce secteur avait bénéficié d’un coup de pouce fin 2014 avec le vote d’un allègement de charges forfaitaire renforcé (de 0,75 à 1,50 euro par heure travaillée) pour les employeurs faisant garder leurs enfants de 6 à 13 ans.

– ‘Frémissement positif’ –

Afin de soutenir le secteur et de lutter contre le travail au noir, cette réduction de cotisations a été portée le 1er décembre 2015 à 2 euros par heure pour toutes les activités de services à la personne (garde d’enfants mais aussi aide aux personnes âgées, handicapées, aide-ménagères etc).

Selon Mme Levaux, cette dernière mesure a permis un « frémissement positif » et devrait se révéler « un facteur de succès » quand les chiffres sur la totalité de 2016 seront disponibles.

Au premier trimestre, la masse salariale nette a augmenté de 2,7% pour la garde d’enfants en rythme annuel, et est quasiment stable (-0,1%) pour les autres activités.

Le nombre d’employeurs à domicile a augmenté de 0,2% sur le trimestre à 1,933 million de personnes, mais sur un an il reste en baisse de 0,6%.

Par ailleurs, l’activité des assistantes maternelles, qui gardent à leur domicile des enfants, a également amorcé une reprise, avec une masse salariale nette en hausse de 1,2% à la fois sur le trimestre et sur un an.

Le nombre total de particuliers employeurs s’élevait à 2,803 millions fin mars 2016 (1,933 employeurs à domicile et 880.000 employeurs d’assistantes maternelles), en hausse de 0,7% sur un an.

Comme l’été dernier, la Fepem est présente cette année dans la caravane du Tour de France pour sensibiliser le public aux avantages du travail déclaré.

Son prochain combat, à la rentrée, sera de tenter de convaincre les pouvoirs publics de mensualiser la réduction fiscale dont bénéficient les particuliers employeurs, a indiqué Mme Levaux. Elle verrait bien cette mesure s’articuler avec le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, qui doit être mis en place en 2018.

Actuellement, les particuliers paient à leur employé à domicile une somme nette et s’acquittent de charges chaque mois, et récupèrent la moitié de la somme totale l’année suivante sous forme de crédit ou réduction d’impôt.

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