Reprise progressive de la production de Bosch à Rodez malgré l’opposition syndicale

TOULOUSE, 8 avril 2020 (AFP) – La production de l’usine Bosch à Rodez (Aveyron) va reprendre progressivement à partir de mardi, malgré l’opposition des syndicats qui dénoncent la primauté des « intérêts financiers au détriment » de la santé des salariés en cette période d’épidémie du Covid-19.

La production du site aveyronnais, qui conçoit notamment des injecteurs pour moteur diesel, était à l’arrêt depuis le début des mesures de confinement en France le 17 mars, après que de nombreux salariés ont exercé leur droit de retrait.

« Nous avons annoncé aujourd’hui (mercredi) à la suite d’un CSE extraordinaire, la reprise de l’activité de production » à partir du 14 avril, a indiqué à l’AFP le chef de l’établissement, qui compte 1.400 salariés, Patrick Meillaud.

« Sur deux équipes de production, quelque 140 personnes viendraient travailler mardi, avec un pic d’une centaine de personnes en même temps sur le site », a-t-il estimé.

« Notre priorité est la protection des salariés et nous avons travaillé à la mise en place des mesures barrières, avec l’aménagement des horaires de travail pour éviter trop de croisements et la mise à disposition d’équipements de protection comme du désinfectant, des masques et gants », a énuméré M. Meillaud.

Mais pour David Martins, secrétaire du syndicat Sud à Bosch Rodez, « ça va être très compliqué de maintenir une distance d’un mètre entre les salariés à certains endroit, ça reste une usine après tout ».

Il dit craindre qu’une reprise de l’activité avant la fin du confinement ne fasse de Rodez « un cluster de la région aveyronnaise ».

Trois cas de contamination au Covid-19 sont suspectés sur le site de Rodez, et 219 sur l’ensemble des sites de Bosch dans le monde, selon M. Martins.

Yannick Anglarès, délégué CGT, s’interroge lui sur une « possible complicité entre les services de l’Etat et Bosch pour que l’activité redémarre », estimant par ailleurs que « les masques feraient mieux d’être mis à disposition du personnel médical ».

« J’entends parfaitement le paradoxe qui peut exister entre un discours public où l’on préconise le confinement, et un autre où l’on dit qu’il faut maintenir l’activité », souligne le directeur du site, précisant que « le redémarrage est a minima » pour répondre aux besoins des clients.

D’après lui, un redémarrage progressif la semaine prochaine est « beaucoup plus pertinent » qu’un redémarrage en une fois plus tard.

mer/cpy/map