Restauration ferroviaire: les salariés dans la rue pour « garder leurs acquis »

PARIS, 25 avril 2019 (AFP) – Plus de 300 personnes, rassemblées à l’appel des syndicats représentatifs de la restauration ferroviaire, ont manifesté jeudi à Paris pour « garder leurs acquis » et réclamer le rattachement de leur secteur à la branche ferroviaire.

Avec la CGT, SUD-Rail, la CFDT et FO, les manifestants dénonçaient un projet du ministère du Travail de rattachement de la convention collective nationale (CCN) de la restauration ferroviaire à celle du personnel des entreprises de restauration de collectivités.

La branche de la restauration ferroviaire doit fusionner avec une autre branche car elle compte moins de 5.000 salariés et parce qu’elle n’a pas connu de négociations sur des thèmes obligatoires depuis de nombreuses années.

« L’activité de la restauration ferroviaire est adossée à l’activité des trains et suit le même parcours que les agents roulants de la SNCF », avec des horaires décalés, une activité sept jours sur sept, « un temps de travail journalier dérogatoire permettant des journées de 18 heures d’amplitude », etc., avaient souligné les quatre syndicats mercredi dans un communiqué commun.

Et « la seule convention adaptée à notre activité est la CCN de la branche ferroviaire » car c’est « la seule qui peut prendre en compte les spécificités de notre profession », affirmaient-ils en appelant les salariés à faire grève mercredi et jeudi.

Protestant sous les fenêtres de la Direction générale du travail (DGT), où se tenait jeudi une réunion sur les conventions collectives, un salarié du groupe Newrest ne souhaitant pas être identifié et travaillant « depuis 2001 » au wagon-bar de TGV, se définissait comme « un roulant » avec, à l’instar des cheminots,  » des +découchés+ (repos hors du domicile, ndlr), des allers-retours dans la journée ». « On veut garder nos acquis », comme des primes particulières, ajoutait-t-il.

Ces « acquis » concernent aussi les cotisations retraite, l’intégration de l’ancienneté dans le calcul du 13e mois ou le mode de récupération des jours fériés travaillés, a détaillé Christophe Coutellier de FO. La CCN de la restauration collective prévoit également une prime pour les repas, soit « un élément de rémunération », quand celle de la restauration de collectivités offre des repas en nature, a souligné Riad Dergal de SUD-Rail.

« On sera mieux protégés dans la branche ferroviaire. Cela correspondra vraiment aux spécificités de notre métier », a résumé Annabelle Bohler, élue CGT et cheffe de cabine dans les Eurostar.

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