Restructuration chez Airbus: la CGT veut une commission d’enquête parlementaire

SURESNES, 15 décembre 2016 (AFP) – Quelque 150 salariés d’Airbus se sont rassemblés jeudi devant l’entrée du site du groupe aéronautique à Suresnes (Hauts-de-Seine), dont la fermeture est annoncée pour 2018, à l’appel de la CGT qui réclame l’ouverture d’une commission d’enquête sur l’avenir de la filière, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Nous participons à la compétitivité d’Airbus Group en rendant nos produits les meilleurs du marché (…), nous sommes la colonne vertébrale scientifique et technique de toutes nos filiales », a argué Eric Robillot, délégué syndical central CGT (3e syndicat représentatif du site) devant les salariés et plusieurs conseillers régionaux d’Ile-de-France de gauche, parmi lesquels le coordinateur du Parti de gauche Eric Coquerel.

« En sacrifiant » Suresnes, « la direction détruit un patrimoine de savoir et de savoir-faire cruciaux pour le groupe », a-t-il déploré.

« L’aéronautique est encore un fleuron de l’industrie française », qui « pèse favorablement dans la balance commerciale (…), mais pour combien de temps encore si on laisse les pleins pouvoirs aux financiers qui ne visent que les profits à court terme? » a relevé de son côté Michel Molesin, coordinateur CGT Airbus Group.

En conséquence, « la CGT interpellera les pouvoirs publics, logiquement garants de l’intérêt général », ainsi que « les parlementaires pour qu’une commission d’enquête se penche sur l’avenir de cette filière stratégique et structurante de l’industrie », a-t-il annoncé, précisant à l’AFP que cela se ferait « dans les semaines qui viennent ».

La direction d’Airbus a confirmé fin novembre la fermeture pour la mi-2018 du site de Suresnes, dont l’activité est axée essentiellement sur la recherche et le développement.

Plus de 500 personnes y travaillent actuellement. La direction prévoit 308 suppressions de postes et 150 transferts vers Toulouse.

Suresnes est le site historique de l’aérospatiale française. C’est là qu’étaient installées auparavant les usines Blériot.

Au total, la direction d’Airbus a annoncé la suppression de 1.164 postes en Europe, tout en promettant de tout faire pour éviter des licenciements secs.

Selon la direction, les transferts de personnel se feront principalement des sites de Suresnes et Ottobrunn, près de Munich en Allemagne, vers Toulouse.

Ce plan de restructuration s’inscrit dans un contexte de concurrence exacerbée avec le rival américain Boeing et la venue sur le marché d’avionneurs chinois. Airbus relativise les 1.164 postes à supprimer en mettant en avant des effectifs qui atteignent 136.600 personnes dans le monde, et 54.000 en France.

Les négociations sur le traitement social doivent se tenir jusqu’à l’été prochain.

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