Retrait de Fiat: la CGT Renault « satisfaite », la CFDT « surprise »

PARIS, 6 juin 2019 (AFP) – Le syndicat CGT de Renault s’est « félicité » jeudi du retrait soudain par le groupe italo-américain Fiat Chrysler de son offre de fusion avec le constructeur français, pour lequel il réclame « une stratégie industrielle », tandis que la CFDT s’est dite « surprise de cette décision rapide ».

« C’est la politique industrielle de Renault et de la filière automobile française qui doit désormais être à l’ordre du jour », estime la CGT Renault, qui « se félicite » dans un communiqué de l’abandon d’une « opération purement financière et bien éloignée d’une réelle stratégie industrielle offrant des perspectives de développement à Renault et à la filière automobile française ».

Si « nous sommes tout à fait satisfaits » du retrait de cette offre, « nous ne sommes pas pour le statu quo car l’entreprise est largement fragilisée. On doit se poser la question: quelle stratégie industrielle pour Renault? » et « on est toujours très inquiets » pour les emplois au sein du groupe, a déclaré à l’AFP Fabien Gâche, délégué central CGT du constructeur automobile français.

Le syndicat réclame dans son communiqué « des dirigeants qui ne soient plus obsédés par le niveau de rentabilité toujours plus délirant (…) mais par la capacité de l’entreprise à concevoir des véhicules populaires répondant aux besoins de mobilité des populations, à leur pouvoir d’achat et aux enjeux écologiques ».

« Chez Renault, des ingénieurs ont travaillé sur un véhicule électrique populaire qui a été refusé par la direction générale, non pas parce qu’il n’était pas rentable, mais parce qu’il n’était pas au niveau de rentabilité exigé aujourd’hui », a indiqué M. Gâche.

Quant à l’Etat, qui possède 15,1% du capital de Renault, « il doit jouer son rôle comme actionnaire de référence » du groupe « pour enfin élaborer conjointement une stratégie industrielle pour l’entreprise », considère la CGT Renault.

La CFDT a « pris acte du retrait » de l’offre de fusion de Fiat Chrysler. « Surprise de cette décision rapide », elle « regrette de ne pas pouvoir passer à l’étape suivante qui aurait permis d’appréhender plus en profondeur les enjeux de ce dossier ».

Le syndicat estime dans un communiqué que Renault « ne devra pas s’interdire d’autres opportunités dans l’avenir pour le bien de l’emploi et de l’Alliance » avec les groupes japonais Nissan et Mitsubishi.

SUD a lui souligné qu' »une fusion entre Renault et Fiat ne peut pas se décider à coup de pression et en deux semaines ».