Retraites: 250 manifestants interpellent Macron à Saint-Gervais

SAINT-GERVAIS LES BAINS, 13 février 2020 (AFP) – « Climat social, il y a urgence »: environ 250 personnes ont manifesté contre la réforme des retraites et la pollution dans la vallée de l’Arve jeudi à Saint-Gervais (Haute-Savoie), où Emmanuel Macron est attendu pour annoncer des mesures de préservation du Mont-Blanc.

Alors que le président de la République lançait l’Office français de la biodiversité (OFB) à Chamonix, après avoir parcouru le matin une mer de Glace impactée par le réchauffement, syndicats (CGT, FO, Solidaires, FSU) et « gilets jaunes » de la région ont parcouru le centre du village de Saint-Gervais.

La CGT Environnement a estimé le coût du déplacement présidentiel « au bas mot à 400.000 euros pour l’OFB (..) or au même moment, la direction de l’OFB annonce à de nombreux services qu’ils vont devoir se serrer la ceinture en 2020 ».

« La retraite à points, on n’en veut point! », scandaient les manifestants, avant d’entonner un refrain « Si j’avais le portefeuille de Manu Macron, la retraite à points, je ne trouverais pas ça si con », sous l’oeil mi-étonné, mi-amusé d’habitants et touristes en tenues de ski.

Aline, 32 ans, est bibliothécaire à Scionzier, à 30 km de là, et brandit une pancarte « Un président de la mort ou un trompe la République? ». Elle est venue dénoncer « toutes les réformes contre la solidarité » et les problèmes prégnants de pollution dans la vallée. « J’ai deux enfants, de 7 et 4 ans, elles sont malades de novembre à fin avril, depuis qu’elles sont bébés. A chaque pic de pollution, elles font des crises d’asthme », déplore la jeune femme.

« Giet jaune » de la première heure, Micky Mosimann, 62 ans, agent polyvalent dans un collège de la commune voisine de Passy qui « travaille encore sinon elle touchera une misère à la retraite », assure que l’incinérateur pour les ordures de la Vallée du Mont-Blanc a été arrêté pour la visite présidentielle.

« Venir pleurer devant la Mer de Glace alors que les accords des conférences climat ne sont pas respectés et que les émissions de gaz à effet de serre augmentent, c’est de la parade, c’est de la com’, c’est hypocrite ! », déplore de son côté Pierre Delpy, conseiller en énergie dans une association. L’ingénieur dénonce l’importance du trafic des poids-lourds et la sous-utilisation des capacités de ferroutage dans les Alpes.

Autour de lui, cornes de brumes et fumigènes rythment l’ambiance. David Reinprecht, cheminot (Sud Rail) à l’établissement Mont-Blanc de Saint-Gervais marche pour dire au président que « la détermination contre la réforme des retraites est intacte, depuis le 5 décembre: on ne lâchera pas! «