Retraites: accusations mutuelles de « déni de démocratie » et bref incident à l’Assemblée

PARIS, 27 février 2020 (AFP) – Le débat sur les retraites a repris jeudi dans les mêmes termes à l’Assemblée nationale, avec des accusations mutuelles « d’obstruction » et de « déni de démocratie » et un bref incident entre une députée LREM et le président de séance Marc Le Fur (LR).

Les députés ont voté en début de matinée l’article 3, sur 65, pour se plonger dans l’article 4 qui intègre les professions indépendantes au « système universel de retraites » que veut mettre en place le gouvernement.

En ce onzième jour de débats, chaque camp s’est renvoyé la responsabilité du « blocage », alors qu’il restait 31.000 amendements au compteur.

« Nous sommes taxés d’obstruction, ca s’appelle la démocratie, que ça dure le plus longtemps possible », a réclamé le socialiste Hervé Saulignac, alors que le président de séance Marc Le Fur (LR) avait indiqué plus tôt un « rythme de plus de 100 amendements à l’heure », que plusieurs membres de l’opposition ont souligné.

« Notre rôle n’est pas de battre un record en se disant +super on fait du 150 amendements à l’heure+ », a répondu le député LREM Jean-René Cazeneuve, avant de dénoncer les « 30.000 amendements dilatoires qui ne servent à rien » des Insoumis et des communistes.

« C’est vous qui créez le blocage », a réagi Danièle Obono (LFI), pendant que sa collègue Clémentine Autain fustigeait un « déni de démocratie » et un gouvernement qui ne répond pas aux questions « précises ».

« Il faut arrêter de reposer dix, quinze, vingt fois la même question à laquelle on a répondu dix, quinze, vingt fois », a lancé le secrétaire d’Etat Laurent Pietraszewski à la tribune.

Le communiste Fabien Roussel a à nouveau réclamé un référendum et mis en garde contre « l’arme nucléaire » du 49-3, outil de la constitution que le gouvernement pourrait utiliser pour abréger les débats et faire adopter le texte sans vote.

Sur France Inter, le patron des députés LREM Gilles Le Gendre a reproché à la gauche de la gauche de pratiquer « l’insurrection démocratique en chambre à l’Assemblée ».

« Chaque amendement ressemble à un meeting politique », a complété sa collègue Nadia Hai dans l’hémicycle.

Un bref incident a opposé Monique Iborra (LREM) au président de séance Marc Le Fur (LR), qui s’est plaint d’un tweet de la marcheuse « contestant sa présidence » et a réclamé des excuses.

Après une suspension de dix minutes, la présidente de la commission spéciale retraites Brigitte Bourguignon (LREM) a formulé des excuses et appelé à « ne pas remettre en cause la présidence ». « Les réseaux sociaux n’ont rien à faire dans cet hémicycle », a-t-elle souligné.

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