Retraites: au 8e jour, l’Assemblée adopte le premier des 65 articles

PARIS, 24 février 2020 (AFP) – Au huitième jour d’examen, l’Assemblée nationale a adopté lundi le premier des 65 articles du projet de loi de réforme des retraites, sous les applaudissements de la majorité.

Entre rappels au règlement et suspensions de séance à répétition, il aura fallu 70 heures de débats pour venir à bout des quelque 2.200 amendements et sous-amendements déposés principalement par les oppositions, sur cet article qui fixe les principes généraux du futur système par points. Il a été validé par 89 voix contre 46.

« C’est un moment historique, nous allons mettre au voix l’article premier », a ironisé la présidente de séance Annie Genevard (LR), après huit jours marqués par l’impossible dialogue entre la majorité et la gauche de la gauche. « Amendements points-virgules », « obstruction organisée »: les « marcheurs » n’ont eu de cesse de condamner l’attitude des insoumis et des communistes.

« Il n’y a pas de crise de financement (des retraites), alors pourquoi tout ce bazar » avec ce projet de loi, a demandé Jean-Luc Mélenchon (LFI) avant le vote.

L’article 1er vise à décliner les « principes généraux de la réforme », et aussi à en fixer les « objectifs sociaux et économiques ».

« La Nation affirme solennellement son attachement à un système universel de retraite qui, par son caractère obligatoire et le choix d’un financement par répartition, exprime la solidarité entre les générations », affirme-t-il.

L’article insiste notamment sur les objectifs « d’équité », avec la garantie qu' »un euro cotisé ouvre les mêmes droits pour tous », de « lisibilité » et de « soutenabilité économique ».

« Sous réserve d’un âge minimum », le projet de loi instaure aussi une « liberté de choix » dans l’âge de départ à la retraite – « exemple de la duplicité de ce texte » pour le communiste Pierre Dharréville, « l’alinéa le plus indécent » pour l’insoumis Eric Coquerel.

« Toutes les discussions que nous avons visent à une chose, dissiper le brouillard épais qui entoure » la réforme, a estimé lundi l’apparenté socialiste Régis Juanico.

« Si l’article 1er provoque autant de discussions, c’est qu’il est mal rédigé » et vise à donner « bonne conscience », a abondé Stéphane Viry (LR).

Les députés ont légèrement retouché cet article, ajoutant la prise en compte des aidants familiaux, du handicap et encore la garantie d’un « niveau de vie digne » pour les retraités.

Via les principes généraux, ils ont abordé une large palette de thèmes et professions: agriculteurs, marins-pêcheurs, médecins et avocats, et aussi pénibilité, gouvernance du nouveau système…

« Ne passons pas de longues heures sur des sujets dont vous savez pertinemment que nous les aborderons plus tard » dans le projet de loi, a lancé à plusieurs reprises le secrétaire d’Etat aux Retraites Laurent Pietraszewski.

Après huit jours de piétinement, les spéculations vont bon train sur un possible recours du gouvernement au 49-3, cet arme de la Constitution qui permet de faire passer un texte sans vote à l’Assemblée.

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