Retraites: Berger (CFDT) ne veut pas d’une réforme « financière »

PARIS, 2 septembre 2019 (AFP) – Une réforme des retraites guidée par l’aspect « financier » et qui prévoirait un allongement de la durée de cotisation ne serait pas acceptable pour la CFDT, a prévenu son secrétaire général Laurent Berger lundi sur France Inter.

Emmanuel Macron avait tendu la main la semaine dernière à la CFDT en affichant sa préférence pour la prise en compte de la durée de cotisation plutôt qu’un taux plein à un « âge pivot » de 64 ans unanimement rejeté, y compris par le premier syndicat français.

« Ce n’est pas un geste à notre égard, c’est une parole, ça reste une parole », a commenté sur France Inter Laurent Berger, relevant que le chef de l’Etat avait été depuis « un peu contredit par la porte-parole du gouvernement ». Sibeth Ndiaye avait en effet souligné que l’idée d’âge pivot n’était pas « enterrée ».

Comme on lui demandait si l’allongement de la cotisation était acceptable en cas de renoncement à cet âge d’équilibre, Laurent Berger a répondu: « non ».

« La CFDT est claire, il n’y a pas besoin d’élément de réforme financier », a-t-il ajouté, rappelant que la réforme Touraine de 2013 prévoyait un passage à « 43 ans de cotisation » en 2035.

« Il faut s’en tenir à cela, il n’y a pas besoin d’aller au-delà », a estimé le numéro un de la CFDT, qui s’est dit également « inquiet » du message que « le gouvernement commence à distiller » en « disant +il faudra l’équilibre en 2025+ ».

Laurent Berger a redit son soutien à un système de retraites par points. Mais avec « des conditions », a-t-il rappelé, citant les avancées attendues sur la pénibilité, les carrières longues, la retraite progressive, une pension minimum à « 100% du Smic », les « discriminations dont sont victimes les femmes »…

« Je m’en tiens juste à ce qui a été dit par le président de la République dans son programme : une réforme systémique des retraites qualitative, qui ne se veut pas financière », a-t-il martelé.

Dans un rapport mi-juillet, le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye préconisait la mise en place, à partir de 2025, d’un « système universel » fusionnant les 42 régimes existants. Il recommandait de fixer un « taux plein » à l’âge « pivot » de 64 ans assorti d’un système de décote/surcote.

Edouard Philippe lancera jeudi et vendredi une nouvelle phase de concertation sur la base du rapport Delevoye en recevant syndicats et patronat. Un processus de « concertation citoyenne » doit ensuite être engagé.

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