Retraites: Berger (CFDT) veut que l’Assemblée prenne le temps d’examiner « tout le texte »

PARIS, 10 février 2020 (AFP) – Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a espéré lundi que l’Assemblée nationale prendra le temps d’examiner en séance publique « tous les amendements » à la réforme des retraites, quitte à ce que le vote en première lecture soit repoussé après les municipales.

Le texte présenté dans l’hémicycle à partir du 17 février devrait être la version initiale du gouvernement, sans les minces changements votés en commission spéciale, alors qu’il restait dimanche soir 15.300 amendements à examiner.

« Malheureusement, la commission ne peut pas aller au bout », mais « ce qu’il faut c’est qu’à l’Assemblée nationale, il y ait le temps pour examiner tout le texte et l’examiner en profondeur », a souligné le dirigeant du premier syndicat français sur BFM Business.

« Ce qui serait insupportable, c’est qu’il y ait une forme d’accélération ». « Il faut que le Parlement examine tous les amendements », a insisté le numéro un de la CFDT, favorable à un système universel de retraite par points.

Comme on lui demandait s’il pensait que le projet de loi pourrait être adopté en première lecture à l’Assemblée avant les élections municipales des 15 et 22 mars, Laurent Berger a répondu: « Ça me paraît totalement impossible ».

« Je ne suis pas responsable du calendrier parlementaire. Mais ce qui est sûr, c’est que s’il y a une volonté de forcer un peu les choses, d’aller trop vite, ce ne sera pas compris », a-t-il fait valoir, en invoquant « l’état du pays » et « l’anxiété face à un changement de système des retraites ».

Interrogé sur France Inter, le secrétaire d’Etat chargé des Retraites Laurent Pietraszewski a, de son côté, estimé que « le volume d’amendements ne plaide pas pour une solution évidente » afin de faire avancer à bon rythme l’examen de la réforme.

Pour l’essentiel, « ce sont des amendements d’obstruction » qui ne relèvent pas d’une « discussion sur le fond », a-t-il regretté.

Pour autant, le recours à l’article 49-3 de la Constitution, qui permet l’adoption sans vote d’un projet de loi, « n’est pas le sujet. On est là pour travailler le fond du texte », a-t-il assuré, comme avant lui Marc Fesneau, le ministre chargé des Relations avec le Parlement.

« Non, il n’y a pas de 49-3 sur ce sujet-là », a confirmé M. Pietraszewski.

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