Retraites: ce que proposent les partis d’opposition

PARIS, 3 février 2020 (AFP) – Voici les principales propositions des partis d’opposition sur les retraites, à l’occasion de l’examen de la réforme gouvernementale en commission à l’Assemblée nationale.

La France insoumise

– fixer l’âge légal de départ à 60 ans, un « âge décent », avant 63 ans, âge de l’espérance de vie en bonne santé.

– abaisser le nombre d’annuités pour une carrière complète de 43 à 40, trimestres au RSA compris. Pension minimale au Smic pour une carrière complète.

– calculer le montant des pensions non plus sur les 25 meilleures années dans le privé, mais sur les dix meilleures

– majorer de 500 euros annuels par enfant les pensions des mères (ou partage entre les deux parents)

– mobiliser le Fonds de réserve pour les retraites, la Caisse d’amortissement de la dette sociale, supprimer les niches fiscales sur les retraites complémentaires

Parti communiste

– abaisser à 60 ans l’âge légal de départ, fixer à 100% du Smic net le montant minimum de retraite pour une carrière complète, et « mieux prendre en compte la pénibilité ».

– « moduler le taux de cotisation », qui serait « alourdi pour les entreprises qui délocalisent ou précarisent l’emploi », et amoindri pour celles tenant objectifs écologiques et parité salariale. Cela « apporterait 70 à 90 milliards supplémentaires au bout de 5 ans ».

– « unifier » le régime et transférer la gestion de la protection sociale aux salariés eux-mêmes

Les Verts

Europe Ecologie Les Verts n’est « pas hostile » au principe de la retraite à points mais dénonce l’absence de « garanties démocratiques sur la valeur du point ». Le parti entend maintenir à 62 ans l’âge de départ.

Pour générer de nouvelles recettes, EELV suggère de réduire le temps de travail afin de créer des emplois et réduire le chômage, et d’augmenter la contribution des « revenus du capital » (stock-options, intéressement, produits financiers).

Les Verts refusent que le niveau des dépenses lié aux retraites soit figé à 14% du PIB.

Parti socialiste

Le PS refuse « un nouvel allongement de la durée de cotisation » après celui de la réforme Touraine de 2014, et veut instaurer une « règle d’or » pour « garantir le montant des pensions ».

Il propose « de nouvelles sources de financement » via un prolongement de la Caisse d’amortissement de la dette sociale et une contribution des revenus financiers notamment.

Le parti d’Olivier Faure souhaite enfin « une réelle prise en compte de la pénibilité » et « le maintien du départ à 60 ans pour les carrières longues ».

La gauche, à l’exception de LFI, s’est accordée sur une plate-forme commune de propositions pour « une autre réforme des retraites ».

Les Républicains

Les Républicains sont gênés par rapport à cette réforme, qui s’inscrit dans la continuité de chantiers lancés par la droite, que ce soit l’alignement du public sur le privé (tenté par Alain Juppé en 1995, engagé ensuite en 2003 par Jean-Pierre Raffarin) ou la réforme des régimes spéciaux (qu’avait commencée Nicolas Sarkozy en 2007).

Compte tenu de la hausse de l’espérance de vie, ils plaident pour reporter l’âge légal de départ à 64 puis 65 ans sur une période de douze ans, pour dégager « plus de 30 milliards d’euros de marges de manoeuvre ».

Le parti de Christian Jacob promet que « cinq années cotisées à un poste pénible permettront de partir un an plus tôt à la retraite ».

A l’égard des petites pensions, LR promet une indexation « au niveau de l’inflation » et même « sur l’évolution des salaires » pour les 1.000 premiers euros.

Enfin il plaide pour la suppression des régimes spéciaux dès 2032, mais en préservant les régimes autonomes (avocats…).

Rassemblement national

Le RN propose un départ à 60 ans si le salarié a bien 40 années de cotisations. Pour financer le système, il envisage de:

– faire des économies en réduisant la contribution versée par la France à l’Union européenne et les dépenses liées à l’immigration

– créer des emplois: « Un million d’emplois créés, c’est 25 milliards de recettes supplémentaires »

– favoriser la natalité

Une fois les économies faites, « si on s’aperçoit que le système ne peut pas fonctionner », Marine Le Pen n’exclut pas de demander aux salariés, par référendum, de travailler « un ou deux ans de plus ».

« On n’est pas obligé de changer » l’ensemble du système actuel, considère la présidente du RN, qui défend en outre une « convergence » à terme des régimes spéciaux.

pol-reb/el/it