Retraites complémentaires: accord en vue entre syndicats et patronat

PARIS, 10 mai 2019 (AFP) – La négociation sur le régime de retraite complémentaire des cadres et salariés du privé (Agirc-Arrco) s’est achevée vendredi, une majorité des partenaires sociaux envisageant de signer l’accord proposé, qui garantit une hausse des pensions au niveau de l’inflation jusqu’en 2022.

« C’est le principal intérêt de ce texte », a reconnu Serge Lavagna, qui « défendra la signature » devant le comité de direction de la CFE-CGC.

Après quatre années de gel et une maigre augmentation de 0,6% fin 2018, les pensions versées par l’Agirc-Arrco seront revalorisées au moins comme les prix (hors tabac) au 1er novembre 2019, puis les trois années suivantes.

Les partenaires sociaux disposeront d’une marge de manoeuvre de 0,2 point au-delà de l’inflation.

« C’est le maximum de ce que nous pouvions obtenir sans mettre en péril le régime », a estimé Pascale Coton, qui « présentera ce projet d’accord positivement » devant le bureau de la CFTC.

« Les trois organisations patronales signeront » également, a annoncé Claude Tendil, du Medef, satisfait du maintien du bonus-malus entré en vigueur cette année et « sur lequel nous ne reviendrons pas ».

Depuis le 1er janvier, les salariés du privé qui ont cotisé assez de trimestres pour percevoir une pension à taux plein doivent retarder d’un an leur départ en retraite ou subir une décote de 5% ou 10% sur leur retraite complémentaire pendant trois ans.

Une « mesure d’incitation » que le Medef considère comme « la clé et la base d’un accord », même si le patronat a fait une légère concession en exonérant de malus les chômeurs en fin de droits, les invalides et les handicapés.

« Des avancées timides en direction des plus précaires » dont Force ouvrière « prend acte », a indiqué Philippe Pihet.

Son syndicat n’avait pas signé le précédent accord en 2015 précisément à cause du malus, mais cette fois-ci, avec la garantie du « maintien du pouvoir d’achat des retraités » pendant quatre ans, « la balance penche favorablement », a-t-il expliqué.

Pour la CFDT aussi, « les acquis sont très substantiels », a souligné Frédéric Sève, sans toutefois prendre parti pour ou contre une signature.

La centrale, qui avait remis le sujet du malus sur la table en janvier, n’a pas obtenu gain de cause mais « le processus n’est pas terminé », a-t-il affirmé, observant que la « clause de revoyure » initialement prévue pour 2021 peut désormais être activée à tout moment.

Seule la CGT est sûre de ne pas signer ce texte qui « ne suscite pas un enthousiasme très virulent », a déclaré Pierre Pluquin, considérant que l’indexation sur l’inflation « n’est qu’un juste retour à la situation antérieure » et qu' »on n’a rien gagné ».

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