Retraites complémentaires: il va encore falloir serrer la vis

PARIS, 31 janvier 2019 (AFP) – Le régime de retraite complémentaire des cadres et salariés du privé (Agirc-Arrco) pourrait revenir à l’équilibre cette année, mais replongera rapidement dans le rouge, obligeant patronat et syndicats à freiner la hausse des pensions au moins jusqu’en 2033, selon un document dont l’AFP a obtenu copie jeudi.

La bonne fortune ne durera pas: malgré le redressement plus rapide que prévu des comptes de l’Agirc-Arrco, ses 62 milliards d’euros de réserves pourraient être épuisés d’ici 2028 ou 2029, selon les projections financières présentées aux partenaires sociaux.

Le régime étant tenu de garder en caisse au moins 6 mois d’avance à un horizon de 15 ans, il faudra donc appliquer jusqu’en 2033 un « coefficient de soutenabilité », afin que les retraites augmentent moins vite que les salaires.

Les huit organisations d’employeurs et de salariés devront s’accorder d’ici avril sur la valeur de ce coefficient pour les quatre prochaines années.

Mais certains syndicats aimeraient profiter de cette négociation pour revoir le précédent accord de 2015, en particulier le « malus » pour ceux qui partent en retraite avant 63 ans, entré en vigueur cette année.

Pour la CGT, « il faut annuler » cette mesure qui « fait chuter le niveau des pensions et brouille les repères collectifs » sur l’âge de départ, a expliqué Catherine Perret.

Une demande balayée par le Medef, car « on ne remet pas en cause une vision à 15 ans tous les 15 jours », selon Claude Tendil, qui a souligné que l’accord de 2015 « n’a pas redressé durablement l’équilibre du régime ».

La CFDT, qui avait pourtant annoncé son intention de rouvrir la discussion sur ce « malus », n’a pas abordé le sujet jeudi.

« Il faut faire les choses dans l’ordre », a indiqué son représentant Frédéric Sève, souhaitant d’abord revoir les projections financières de l’Agirc-Arrco. « On a sans doute plus de marge de manoeuvre qu’on pourrait bien le croire ».

Les prévisions de 2015 se sont avérées « trop pessimistes », a observé Serge Lavagna, de la CFE-CGC, estimant qu' »il faut des projections plus sérieuses si on ne veut pas serrer la vis indéfiniment ».

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