Retraites complémentaires: l’accord Agirc-Arrco pénalisera les futurs retraités

PARIS, 5 avril 2016 (AFP) – Les mesures de l’accord d’octobre 2015 sur les retraites complémentaires Agirc-Arrco vont pénaliser les assurés, qui pourraient subir jusqu’à 18% de baisse de pension à long terme, selon des simulations du Conseil d’orientation des retraites (COR).

Selon l’étude du COR, citée mardi par Le Figaro, « un cadre né en 1959, voulant partir à la retraite dès qu’il a cotisé suffisamment longtemps au régime de base, perdra environ 14,5% de sa pension complémentaire ».

Pour un cadre de la génération 1975, la diminution de la pension complémentaire à la liquidation est estimée à plus de 16%, précise l’instance chargée de suivre les évolutions des régimes de retraite.

Cette perte « s’accentuera au fil des générations pour atteindre plus de 17% pour un cadre né en 1990 », et « les salariés non cadres y laisseront un peu plus, soit près de 18% pour la génération 1990 ».

L’étude porte sur deux « cas types » fictifs – un salarié non cadre et un cadre – à qui serait appliquée une décote de 10% sur trois ans en vertu de l’accord conclu en octobre, destiné à renflouer les caisses des régimes complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (tous les autres salariés).

Appelé « coefficient de solidarité », ce malus applicable à partir de 2019 disparaît si le cotisant travaille une année de plus (jusqu’à 63 ans) et se transforme en bonus à partir de deux ans d’activité supplémentaires.

Sans l’application de ce malus, la perte est évaluée pour un cadre né en 1959 à 4,5% et à 8% s’il est aujourd’hui âgé de 26 ans. Aux mêmes âges, pour des salariés non cadres, cette diminution atteint respectivement 4,5% et près de 10%.

Plus globalement, le COR a estimé la baisse de la pension totale (régime de base + complémentaire) d’une personne née en 1960, qui maintiendrait son âge de liquidation à 62 ans et à laquelle serait appliqué le coefficient de solidarité, à 6% pour un cadre et à 3% pour un non-cadre (la part de la pension complémentaire représentant 60% de la retraite totale perçue par un cadre contre 30% pour un non cadre).

L’accord Agirc-Arrco signé par trois syndicats (CFDT, CFE-CGC et CFTC), vise 6,1 milliards d’économies à l’horizon 2020, ce qui limiterait le déficit des régimes à 2,3 milliards d’euros à cette date.

juc-est/jg/php