Retraites: dénonçant « une mascarade de débat », la gauche quitte l’hémicycle de l’Assemblée

PARIS, 5 mars 2020 (AFP) – Les trois groupes de gauche – PS, PCF et LFI – ont quitté d’un bloc l’hémicycle de l’Assemblée jeudi, dénonçant « une mascarade de débat » lors de l’examen du projet de loi organique sur la réforme des retraites.

Alors que depuis mercredi, au lendemain de l’adoption en première lecture du volet principal via le recours à l’arme du 49-3, l’examen de ce second volet avançait à un rythme soutenu, le communiste Sébastien Jumel a lancé la charge après une brève suspension de séance.

Il a jugé « insupportable » de voir la majorité « ronronner comme s’il ne se passait rien dans le pays », des élus de gauche ayant fustigé à plusieurs reprises des réponses lacunaires du gouvernement et de la rapporteure Cendra Motin (LREM).

« Soit on vous laisse dérouler tranquillou ce mauvais projet », soit « nous considérons que les choses vont se jouer ailleurs », a-t-il poursuivi, prédisant notamment à la majorité une « raclée monumentale » lors des municipales des 15 et 22 mars.

« Pour les oppositions à la gauche de cet hémicycle, il est temps de tirer le rideau », a ajouté Clémentine Autain (LFI) dénonçant « une triste comédie » et un « simulacre de démocratie ».

« Pour reprendre les termes de l’écrivaine Virginie Despentes, nous aussi on se lève et on se barre! », a-t-elle lancé.

« Mon groupe quittera lui aussi l’hémicycle », a enchaîné Valérie Rabault (PS) après avoir réclamé comme LR, un vote solennel sur ce texte, refusant de cautionner « une mascarade de débat ».

Le chef de file des élus LREM Gilles Le Gendre a dénoncé une manoeuvre « à la va vite » des oppositions organisées pendant « la suspension de séance ».

L’examen du texte a repris dans la foulée, en l’absence des élus de gauche. Le secrétaire d’Etat Laurent Pietraszeweski n’a pas commenté leur départ.

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