Retraites: des députés LREM très réticents quant à un éventuel recul de l’âge de départ

PARIS, 2 avril 2019 (AFP) – Projet de tribune, avertissement sur un « risque politique »: des députés LREM ont marqué de diverses façons leur désapprobation quant à un éventuel recul de l’âge de départ à la retraite, a-t-on appris mardi de sources parlementaires.

Le sujet de la dépendance a émergé dans le grand débat et un des groupes de travail des députés LREM dans ce cadre a averti du « risque politique lié à une éventuelle annonce de la suppression de jours fériés ou d’un allongement de l’âge de départ à la retraite », dans la synthèse remise à la presse.

Par ailleurs, Corinne Vignon, présidente du groupe de travail transpartisan sur la réforme des retraites, mis en place en janvier à l’Assemblée, a envoyé récemment à ses collègues LREM un projet de tribune, que s’est procurée l’AFP.

« Les annonces issues de plusieurs ministères génèrent anxiété et incertitude chez nos concitoyens. Pourtant, le relèvement de l’âge est une fausse bonne idée », proclame-t-elle.

La députée de Haute-Garonne rappelle l’engagement de campagne d’Emmanuel Macron de maintenir l’âge de départ à 62 ans, et pointe « Bercy (qui) voudrait nous inciter à reculer l’âge de la retraite pour trouver sans beaucoup d’effort les 9 milliards nécessaires pour financer la dépendance de nos aînés ».

Mais mardi matin lors de la réunion du groupe majoritaire, son président Gilles Le Gendre a indiqué avoir demandé à Mme Vignon de « suspendre ce débat », ce qu’elle a accepté, selon des participants. « Ce débat a une immense valeur, mais il est arrivé au mauvais moment », en pleine conclusion du grand débat, a-t-il expliqué.

Le Premier ministre a assuré mi-mars que la future réforme des retraites ne toucherait pas à l’âge légal de départ, tout en se disant ouvert à l’idée de « travailler plus longtemps » pour financer la prise en charge des personnes âgées dépendantes.

La ministre de la Santé a, elle, dit ne « pas » être « hostile » à l’idée de retarder l’âge de départ, n’excluant pas de « proposer un allongement de la durée de travail ». Mais face à la polémique née de ses propos, Agnès Buzyn a assuré qu' »aucune modification de l’âge minimal de départ à la retraite n’est envisagée, ni sur la table des négociations que pilote le haut commissaire à la réforme des retraites », Jean-Paul Delevoye.

Ce dernier a assuré que l’âge légal de départ « reste(ra) fixé à 62 ans » dans le cadre du système « universel » voulu par Emmanuel Macron.

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