Retraites: la CGT veut discuter équilibre mais pas dans un cadre « contraint »

PARIS, 14 janvier 2020 (AFP) – Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, est « ouvert » à une discussion sur l’équilibre du système des retraites, mais pas dans le cadre « contraint » proposé par le Premier ministre.

« On veut bien discuter mais dans un cadre ouvert », a expliqué M. Martinez sur LCI.

« Sur l’équilibre, on pense qu’il faut travailler les recettes. C’est juste. Mais travailler les recettes, c’est pas dans un cadre restreint. Or, le Premier ministre nous dit +faut trouver l’équilibre mais pas question de faire ça+ », a-t-il relevé, notant que dans son courrier de samedi aux syndicats, Édouard Philippe rejette une éventuelle hausse des cotisations.

Le secrétaire général de la CGT a rappelé avoir proposé vendredi au Premier ministre lors d’une bilatérale: « Organisons une réunion, vous l’appelez comme vous voulez pour faire plaisir à Laurent Berger, vous exposez votre projet avec votre financement, nous exposons le nôtre, avec notre financement, avec l’aide d’experts. Il a dit +ok+, le lendemain, on reçoit un courrier où le +ok+ s’est transformé en +Je fais ce que je veux et on discute dans un cadre que j’ai décidé+ ».

La CGT n’a pas encore décidé si elle participerait à la conférence de financement, a-t-il ajouté.

« Plus les jours passent, plus personne n’est capable d’expliquer la simplicité de cette réforme! », a-t-il raillé.

Interrogé sur Public Sénat, Yves Veyrier, le leader de FO, a assuré de son côté ne pas comprendre que Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, salue comme une « victoire » le retrait, par le Premier ministre de la mesure prévoyant, à partir de 2022, un malus pour ceux qui partiraient avant un « âge pivot ».

« Je leur rappelle (à la CFDT, NDLR) le très mauvais film qui s’est passé sur l’assurance chômage: on nous avait imposé un cadrage sévère, l’obligation de négocier trois à quatre milliards d’économies sur les droits des demandeurs d’emploi (…). A l’arrivée, bien évidemment on n’a pas trouvé d’accord. L’Etat a repris la main en nous accusant au passage de pas être capables de négocier et après a pris des mesures qui vont impacter de manière très violente les demandeurs d’emploi », a-t-il retracé.

Pour lui, la conférence proposée par le Premier ministre « est un piège ou un tour de passe-passe ». Il a réaffirmé que la réforme du système « universel » de retraites par points était « une erreur historique ».

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