Retraites: la conférence de financement doit permettre de tout « remettre à plat » (Berger)

PARIS, 27 janvier 2020 (AFP) – La conférence de financement, qui débute jeudi, doit permettre de « mettre à plat » la question de l’équilibre de la réforme des retraites, a plaidé lundi le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, pointant « un paquet d’imprécisions » du gouvernement.

« Sur la conférence de financement, on veut d’abord mettre à plat la question de l’équilibre à court terme et moyen terme du système. On veut savoir quelles sont les intentions des uns et des autres », a déclaré M. Berger sur France inter, invitant « chacun à assumer sa part de responsabilité: les entreprises, l’État (…) ».

Pour le patron de la CFDT, à l’initiative de cette conférence installée jeudi pour trouver les moyens d’amener le système à l’équilibre en 2027, ce rendez-vous devrait impérativement débuter « par une discussion de l’étude d’impact ».

Cette note de plus de 1.000 pages, qui accompagne les deux textes de loi, a été rendue publique vendredi et est depuis très critiquée.

« On demandait des chiffres depuis des mois et des mois. Là, on en a et ils sont très contestables », a poursuivi M. Berger, regrettant le « biais » de cette étude qui se base sur un âge d’équilibre à 65 ans.

« Ce texte ne parle pas de situations réelles, concrètes, et les gens sont paumés », a-t-il encore dit, martelant que « la conférence de financement doit commencer par une étude très claire, avec des experts indépendants, des projections financières » dévoilées dans cette étude d’impact.

Concernant l’avis du Conseil d’État sur le projet de loi, également rendu public vendredi, M. Berger a relevé qu’il était « très sévère » et montrait « les nombreuses imprécisions » de ce projet ainsi que « la précipitation » du gouvernement.

« Il faut se donner du temps pour lever toutes les imprécisions, et il y en a un paquet dans le texte », a-t-il déclaré, demandant au gouvernement de « revenir à un peu de raison ».

Sur la pénibilité, le secrétaire général de la CFDT a demandé « des avancées concrètes ».

« C’est la condition sine qua non pour que la réforme soit juste. S’il n’y a pas d’amélioration sur la pénibilité (…) on dira qu’on est en désaccord », a averti M. Berger.

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