Retraites: la CPME salue « l’ouverture » mais met en garde sur l’équilibre financier

PARIS, 7 janvier 2020 (AFP) – Le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), François Asselin, a salué mardi « une ouverture » du gouvernement sur la réforme des retraites tout en insistant sur la nécessité de l’équilibre financier du système et de « ne pas faire miroiter des choses qu’on ne pourra pas financer ».

Alors que le Premier ministre Edouard Philippe a qualifié mardi de « bonne idée » la proposition de la CFDT d’une conférence de financement sur le futur système, « c’est évidemment une ouverture (…) le seul moyen de sortir de ce blocage », a salué M. Asselin sur la chaîne Cnews.

Pour autant, le président de la CPME s’est montré prudent sur les discussions autour de l’âge pivot et a de nouveau plaidé contre une possible hausse des cotisations.

« Il y a une chose essentielle: on ne peut pas s’affranchir du principe de réalité (…) devant nous, nous avons à terme un déséquilibre entre le nombre d’actifs et le nombre futur de retraités, il faudra bien, à terme, équilibrer ce régime », a-t-il martelé, appelant à faire coïncider discussions sur le nouveau système et sur son financement.

« Si nous augmentons les cotisations, nous refilons simplement la +patate chaude+ aux jeunes actifs (…) Quoi qu’il arrive et quoi qu’on pense, la réalité fera que dans les années (à venir), il faudra collectivement travailler un peu plus longtemps, tout simplement pour des raisons démographiques », a également souligné M. Asselin.

Dans ce contexte, la proposition du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, sur un malus « temporaire » avant un âge pivot est « l’une des pistes qu’on peut mettre sur la table » mais « il faudrait en calculer les conséquences en termes financiers », a relevé François Asselin.

Ainsi, la prise en compte des critères de pénibilité doit être réalisée « par professions, par métier, ça doit être collectif, un système solidaire », a-t-il plaidé, tout en appelant aussi à respecter « les carrières longues ».

« Maintenant, il ne faut pas non plus faire miroiter des choses que nous ne pourrons pas financer », a averti M. Asselin, dénonçant également les exemptions déjà accordées à certaines professions: « il ne faudrait pas que cette réforme soit universelle pour certains et reste exceptionnelle pour d’autres. »

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