Retraites: le co-rapporteur Jacques Maire (LREM) saisit la déontologue pour ses actions chez Axa

PARIS, 25 février 2020 (AFP) – Le député LREM Jacques Maire, co-rapporteur de la réforme des retraites, a annoncé mardi à l’AFP saisir la déontologue de l’Assemblée nationale sur ses actions chez l’assureur Axa, alors que les insoumis lui reprochent un « conflit d’intérêts ».

« Je suis possesseur d’actions au titre de mon activité passée. J’ai quitté Axa fin 2012. Depuis, je n’ai aucun contact particulier avec l’assurance », a expliqué le « marcheur », dont la carrière a oscillé entre cabinets ministériels et privé.

« Je saisis la déontologue. Puisqu’il y a de la part de certaines personnes d’un groupe de l’opposition la volonté de créer des difficultés, de créer des questions dans l’opinion publique. On a quelqu’un dont c’est le métier, cette déontologue, je la saisis pour ne pas laisser d’ambiguïtés » et « voir s’il y a conflit d’intérêts ou pas », a-t-il ajouté.

Il annonce adresser ce mardi un courrier à la déontologue de l’Assemblée nationale. Dans sa déclaration d’intérêts, transmise à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), Jacques Maire indiquait détenir 13.836 parts chez l’assureur Axa.

Depuis, ce nombre « a légèrement augmenté » car « il y avait des stock-options » qui sont arrivées à échéance, mais il n’y a pas eu « d’évolution substantielle » qui aurait nécessité de remettre à jour sa déclaration d’intérêts, a-t-il indiqué.

« Je n’ai pas vendu les actions. Pour moi, c’est un produit d’épargne classique, comme de l’assurance-vie. (…) Il n’y a plus aujourd’hui de gestion active de cette épargne. Elle est pour moi dormante ».

« Ça a été déclaré à la HATVP, je ne cache rien, c’est public. Et je n’ai pas du tout considéré qu’il y avait un quelconque conflit d’intérêts, parce que ce n’est pas un texte sur les produits d’épargne français, c’est un texte sur le régime par répartition », a-t-il ajouté.

Dans la partie du projet de loi dont il est rapporteur, on « traite exclusivement d’enjeux sociaux, de pénibilité, de carrières longues », souligne-t-il.

Selon lui, il y a chez les Insoumis « la volonté d’utiliser toute possibilité de fragiliser la majorité et d’alimenter la haine sur les réseaux sociaux ».

Concernant ses actions, il « n’envisage rien du tout », car « je pense qu’il n’y a aucune forme de difficulté ».

Depuis plusieurs jours, la députée insoumise Mathilde Panot reproche à Jacques Maire un « conflit d’intérêts » avec ses actions: « Vous allez tirer un bénéfice privé de cette réforme », lui a-t-elle lancé dans l’hémicycle.

Les « marcheurs » avaient dénoncé des « insinuations grotesques ».

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