Retraites: le « pouvoir fait entrer le monstre par une porte dérobée » (Hommeril, CFE-CGC)

PARIS, 20 décembre 2019 (AFP) – François Hommeril, le président de la CFE-CGC, considère qu’avec la future réforme du système universel de retraites par points, « le pouvoir fait rentrer le monstre par une porte dérobée » et va rendre « nécessaire » le recours aux régimes complémentaires par capitalisation.

« Dans un modèle social français déconstruit par trente années de réformes néolibérales, la retraite par répartition est la dernière citadelle à prendre », estime le dirigeant dans une tribune diffusée sur le site de la confédération et dans Les Échos.

« Depuis des lustres, les grands fonds de pensions internationaux lorgnent avec gourmandise sur la retraite française. Avec son projet de régime unique, le pouvoir fait rentrer le monstre par une porte dérobée », considère-t-il.

Il s’insurge contre la volonté du gouvernement de réduire l’assiette de cotisation à trois plafonds de Sécurité sociale (contre huit actuellement pour les cadres dans le cadre du régime complémentaire Agirc-Arrco), « une étrangeté » selon lui.

Cette réduction revient à « priver le futur régime des cotisations nécessaires à équilibrer les droits déjà acquis. Un trou qui se creusera méthodiquement pour atteindre 65 milliards d’euros et dont on nous dit que les réserves actuelles pourraient être mobilisées pour le combler ».

« Exiger le maintien de l’assiette de cotisation, c’est défendre l’ensemble des salariés, tous salaires confondus, ayant constitué des réserves pour se prémunir des aléas économiques et des vagues démographiques que le projet veut utiliser à d’autres fins », ajoute M. Hommeril.

Le président de la confédération des cadres, qui a rallié le camp des opposants à la réforme des retraites mené par la CGT et FO, ne comprend pas que « le gouvernement s’arc-boute » et maintienne son projet.

« En diminuant l’assiette de cotisation, en décrétant la baisse nécessaire de la répartition dans le PIB, en renvoyant le calcul des pensions à une seule valeur de point aussi aléatoire que les crises économiques à venir sont certaines, le projet de l’exécutif rend nécessaire l’établissement de régimes complémentaires par capitalisation », dit-il.

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